Au départ, cet album devait être ‘unplugged’. Et puis au fil du temps et des sessions d’enregistrement, il s’est largement électrifié. Ne laissant plus au tracklisting que deux morceaux dominés par l’acoustique. Deux chansons au cours desquelles Lee dévoile toute la vulnérabilité de son feeling. Tout d’abord « Hammer blows », puis « Stranded », traversé par quelques éclats de slide et dont la fin de parcours s’enfonce subrepticement dans le psychédélisme. Des références que Lee assume, et notamment lors du final « Tomorrow never comes », sorte de clin d’œil qu’il adresse au « Tomorrow never knows » des Fab Four.
Pour concocter cet elpee, le gratteur de Sonic Youth a bénéficié du concours de quelques invités. Pas des manchots ! Jugez plutôt : Nels Cline (Wilco, etc.), Bob Bert et Steve Shelley (le premier et le dernier drummer de Sonic Youth), le claviériste John Medeski sans oublier Jim O’Rourke qui a sévi également quelque temps chez S.Y. Le tout à été coproduit par Ranaldo et le fameux John Agnello.
Résultat des courses ? Un opus comme votre serviteur les apprécie. Fruit d’une rencontre entre cordes électriques et semi-acoustiques, il se révèle légèrement psychédélique et subtilement teinté d’americana. Tout en ne négligeant jamais le sens mélodique. Beaucoup de grattes donc, mais aussi cet orgue savoureusement rogné et judicieusement dispensé.
Si l’album s’ouvre par un « Waiting on a dream » au riff vaguement pompé à « Paint it Black » des Stones, il recèle plusieurs perles. A l’instar de « X time as I knew her » dont les interventions à la ‘six cordes’ peuvent évoquer John Mascis (Dinosaur Jr.), un titre dont la seconde partie entre dans une sorte de transe chamanique. Du très West Coast, presque ‘Paisley Underground’ (NDR : pensez à Steve Wynn) « Angles ». Du ‘Paisley Underground’ qu’on retrouve sous la forme la plus offensive de « Fire island (phases) », en alternance avec de l’Americana circa Wilco, sur la plus tendre. Les 7 minutes de « Shouts », encore un morceau à la structure élaborée, s’ouvrant docilement avant de s’enfoncer dans une noisy à la Sonic Youth, l’épouse de Lee se chargeant de déclamer en spoken word. Et enfin le plus pop « Lost », dont les vapeurs sixties qui émanent des cordes tour à tour tintinnabulantes, semi-acoustiques ou encore légèrement teintées de psychédélisme, nous renvoient à un certain Buffalo Springfield. Enfin, il ne fait pas mésestimer la voix de Ranaldo, dont le timbre grave et déchirant sied bien à ce climat ma foi agréablement mélancolique. Un chouette album !

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