Michael Katon est enfin de retour en ‘live’. Plus de quarante déjà que l'homme de l'enfer gratte sa guitare comme un possédé, un sauvage, malmène ses cordes sur les scènes de la planète. Issu de Hell, dans le Michigan, il a commis son premier opus en 1984 : "Boogie all over your head". Et de boogie, il en bien évidemment question tout au long de cette œuvre. En 1998, il nous avait déjà gratifié d'un opus enregistré en public, "Bustin' up the Joint – Live", un disque immortalisé dans un club obscur de l'Ohio. Son dernier elpee studio remontait à un an à peine : "MK", un elpee qui sert largement de rampe de lancement à son nouveau ‘live’. La moitié des titres en sont effectivement extraits. Une situation logique, puisque les prises datent de sa dernière tournée européenne accomplie en 2006, alors qu’il assurait la promotion de ce "MK".
Katon est soutenu par sa section rythmique inoxydable : Johnny ‘Bee’ Badanjek" à la batterie et Sid Cox à la basse. Un concert accordé par MK ne suscite jamais l'ennui, mais l’aventure n'a rien de reposant. Il nous invite à séjourner dans cet enfer déjanté, peuplé de décibels. Dès les premières secondes de son set, le géant secoue sa longue chevelure. Il ne desserre pas l'étreinte de son manche avant que le dernier accord ne s'éteigne. Son répertoire nous transporte dans son monde fait de rock'n'roll dur et lourd, de blues et de boogie furieux. Là où on brûle dans les flammes éternelles… Le décor est bien vite planté par "Guitar for my friend". Une fusion vibrante entre l'artiste et ses cordes suramplifiées. Le chant semble au bord de l’épuisement. Mais ce n’est qu’une impression, car au cœur de l'univers d’outre-tombe de l'infernal Katon, la vigueur renaît sans cesse de ses cendres. Dès le décollage, le docteur nous administre des doses massives du seul traitement qu'il connaisse. Le cheminot de Hell mène son train sur les rails de Lucifer : "Yeah… but we can boogie". L’emprise est irrémédiable. Le glissement de la slide nous prend tous à la gorge. Impossible de reprendre sa respiration. Ne reste plus, au passage, qu’à subir le riff puissant de "Baby please don't go". La montée d’intensité se poursuit. "American McMofo" ressemble à une intervention chirurgicale désespérée. Auprès de lui, son concitoyen Ted Nugent n’est plus qu’un enfant chétif, doux et tendre! Toujours au bord de la rupture, sa voix l'emmène vers un rockin' blues impérial et extraordinaire : "Bad moon risin". Une compo proche du célèbre "Goin' down" de Don Nix. Pour le titre maître, la menace est à son paroxysme, la mise en scène impitoyable. L'orageux Michael consent de mettre la pédale douce. Une dizaine de minutes. Le temps d'expérimenter son livre de travaux pratiques consacrés à Jimi Hendrix. En l’occurrence sur "Luv a dawg". Mais, au même instant, il recharge les batteries de sa slide tonitruante. Et repart irrésistiblement sur le devant de la scène pour mieux cracher "Whiskey hill", un boogie furieux qui lui sort des tripes! Les cordes envahissent tout l'espace sonore. Plus moyen de relâcher la pression. Sa voix se déglingue, mais ne se rend pas. Il parvient à faire vibrer ce qui lui reste de cordes vocales pour hurler son "Rock'n'roll man", avant de mettre le cap vers un autre boogie menaçant : "Motorcycle blues". L'atterrissage s’opère dans l'ordre établi par l'artiste. Il se charge en personne de ramener son public à bon port, lors d’un boogie blues intitulé "Love hoodoo", une compo sortie tout droit des mystérieux bayous louisianais. La slide se met à hurler pour la dernière fois. Un accouchement dans la douleur, métallique ; et pourtant, les cordes ont bien tenu la distance. Chapeau bas! La participation à l'un de ses prochains concerts vous est largement recommandée! Il revient en Europe en mai prochain, il débutera sa tournée le 3, au Centre Culturel d'Harelbeke, chez l'ami moustachu poivre et sel, Eric Hautekeete.

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