Nul n'aurait un jour imaginé que Léonard Cohen aurait laissé un héritier naturel. Et pourtant, Bill Callahan mérite assurément ce legs. On se demande d'ailleurs pourquoi il enregistre encore sous le patronyme Smog, puisque sur ce " The doctor came at dawn ", il fait pratiquement cavalier seul. Un peu à la manière de Bill Oldham, matière grise de Palace. Ne vous attendez donc à rien de très réjouissant sur cet opus, mais plutôt à un épanchement d'émotion, de mélancolie, et de tristesse hors du commun. Né d'une instrumentation minimaliste pathétique, obsessionnelle, partagée entre cordes de guitares acoustiques languissantes, accords de piano désolés, austères, accès de violoncelle furtifs, éclaboussures de tambourin et arrangements symphoniques épars quoique luxuriants. Le tout découpé entre silences, lourds de conséquences. Que meuble lugubrement, cruellement la voix douce, profonde, légèrement nasillarde de Bill. Beau et triste à la fois!

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