Hormis la confection du très dispensable "Dream of life", publié en 1988, Patti Smith ne s'est guère manifestée au cours des quinze dernières années. Elle a bien écrit l'un ou l'autre recueil de poésie, mais s'est surtout consacrée à l'éducation de ses enfants, tout en envisageant de revenir à la scène dès qu'ils seraient assez grands pour l'accompagner en tournée. Malheureusement elle a perdu coup sur coup son mari Fred ‘Sonic’ Smith (ex-guitariste de MC5) et son frère Todd. C'était il y a deux ans déjà... Aussi vous ne serez pas étonnés d'apprendre que ce "Gone again" est dédié à la mémoire de ses proches trop tôt disparus. Méditation sur notre séjour sur terre avant d'atteindre l'au-delà.
Pour enregistrer "Gone again", elle a reçu le concours de quelques amis fidèles. Notamment Jay Dee Daugherty, Tom Verlaine et Lenny Kaye. Un Kaye qui coproduit l'opus en compagnie de Malcolm Burn. Un parterre d'invités au sein duquel on retrouve, mais d'une manière plus épisodique, des artistes tel que John Cale et Jeff Buckley. Une oeuvre bien équilibrée, climatique, le plus souvent abordée avec un esprit proche de celui du Velvet Underground circa Nico. Où la magie ‘morrisonienne’ peut opérer instinctivement. Tout en réservant une part de sa muse au minimalisme acoustique, héritage toujours très vivace de son admiration pour Dylan... L'opus épingle, en outre, une ballade country: "Dead to the world". Une superbe composition enrichie d'orchestrations symphonique: "My madrigal". Un fragment directement inspiré par le Jefferson Airplane, à l'époque ou il planait encore: "Ravens". Et puis surtout "Summer cannibals", hit single en puissance, viscéralement syncopé, sauvage, chanté avec ce vocal très caractéristique, guttural, sensuel, de Patti. Un retour en force pour la première artiste punk qui soit parvenue à allier poésie et rock 'n'roll…

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