Debbie Davies est une véritable blueswoman. Elle chante, mais c’est surtout une guitariste talentueuse qui a été formée, dans le passé par le génial Albert Collins. D’ailleurs, elle a milité au sein de ses Icebreakers de 1988 à 91! Depuis, elle tourne inlassablement sous son nom et s'est régulièrement produite dans nos contrées. En 2010, elle a remporté le Prix de ‘Meilleure artiste féminine de blues contemporain’. Très tôt, la jeune Debbie avait pris goût au blues à l'écoute des groupes issus du british blues boom. Elle est ainsi devenue la guitariste du groupe féminin, Maggie Mayall and the Cadillacs.
Maggie était bien entendu l'épouse du légendaire John Mayall! Sa carrière discographique, elle l'entame en 1993, par "Picture this", sorti chez Blind Pig. Depuis elle a publié plus de dix albums. Tous dignes d'intérêt! Le précédent, "Holdin' Court", paru en 2009, était uniquement instrumental. En décembre 2010, la disparition de son amie Robin Rogers, une chanteuse de blues âgée de 55 ans qui avait enfin acquis une certaine célébrité, l’a particulièrement affectée. Récemment, elle s’est fracturé le bras. Ce qui l’a forcée à s’éloigner un moment de la scène ; mais en même temps lui a permis de se concentrer sur la composition. Elle nous propose ainsi sur ce nouvel elpee, six plages issues de sa plume, les cinq autres relevant de son fidèle batteur/compositeur Don Castagno.
Lors des sessions, elle a reçu le concours du claviériste Bruce Katz, mais également de son backing band habituel. Sauf pour une plage, au cours de laquelle elle est soutenue par d’autres musicos ; en l’occurrence l'équipe de la Côte Est du jeune chanteur guitariste, Dave Gross (NDR : ce dernier assure également la production). Il s’agit du titre d'ouverture, "Don't blame on me". Inspirée par son maître, Albert Collins, sa sortie aux cordes est caustique sur le subtilement funky "The fall". Excellent ! Superbe ballade mélancolique, "True blue fool" est traversé par un solo empreint de légèreté et de sensibilité. Une sonorité très Fender émane de sa gratte pour introduire en picking "Done sold everything". Bien maîtrisée, l’évasion monte en puissance et atteint son point culminant, lorsqu’elle est rejointe par le talentueux Dave Gross. Les compos sont de bonne facture. L'accent est toujours posé sur une ligne mélodique irradiant de douceur et de sérénité. Au sein d’une semblable atmosphère, l'orgue Hammond de Mr Katz prend toute son importance. Les ballades trempées dans le blues défilent : "Little broken wing", "All of my forgiveness". Honneur au piano sur "Goin' to a gaggle", une plage qui nous entraîne dans les rues festives de la Nouvelle Orléans. Blues classique, "I'll feel much better when you cry" est imprimé sur un mid tempo. Debbie met toute son expérience au service de cette compo, en y dispensant des notes bouleversantes. "R.R Boogie" (NDR : R.R pour sa copine Robin Rogers) est un instrumental qui déménage. L’elpee s’achève par "Google me baby", une piste légère, cool et jazzyfiante. Un parcours sans faute!

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