Pat Travers est un vétéran du hard rockin 'blues. Depuis 40 longues années, ce Canadien poursuit inexorablement son chemin sur les planches du monde entier. Non seulement il a fidélisé un public, mais au fil des décennies, il est parvenu à le renouveler. Agé de 58 balais, Pat s’est plongé au plus profond des archives du blues, pour concocter ce nouvel opus. Et pour cause, "Blues en Feu" se réfère à des noms mythiques, pour la plupart oubliés ; en l’occurrence, les aventuriers aveugles des années 20 : Blind Willie Johnson, Blind Blake, Blind Lemon Jefferson, Blind Boy Fuller et bien d'autres gloires d'un passé qui remonte à l'avant grande guerre. Travers a mis tout son cœur et toute son âme pour réaliser ce disque. Il se réserve le chant, la guitare, la basse ainsi que la production, et n'a toléré à ses côtés que le claviériste Carl Cleaver et le drummer Sean Shannon.
Particulièrement bien mis en forme, “Black dog” ouvre le long playing. Les cordes sont largement amplifiées, la voix est volontairement grave, dure et agressive. Effet garanti ! Pat est un pro. Il est impressionnant en matière de production. N’empêche, ce bon vieux Blind Blake a dû se réveiller dans sa tombe! Pat sait comment se servir d’un bottleneck. Et sa technique a de quoi surprendre sur “Nobody’s fault but mine”, un traditionnel signé Blind Willie Johnson, repris par une multitude d’artistes depuis 1927 ! (NDR : Led Zeppelin en a probablement réalisé la cover la plus populaire). Issu du répertoire de Bessie Smith, “Backwater blues” opère cette savante conjugaison entre cordes électriques et acoustiques ; mais la version de ce canon du blues est très contemporaine. Via sa production, Pat cherche constamment à mettre une claque au mélomane. Mais aussi en plaçant l’instrumentation bien en avant et en prenant soin de réserver à sa voix une férocité permanente. Le “Meat shakin’ woman” de Blind Boy Fuller et l’“Easy rider blues” de Blind Lemon Jefferson, véritable coup de bélier enfoncé par l’orgue en sont de belles illustrations. “Nobody knows when you’re down and out” est un autre classique du prewar blues, une compo adaptée en son temps par le chanteur de variétés françaises, Joe Dassin. “Bulldozer blues”, Travers ne pouvait l’éviter. Un titre de circonstance ; et pourtant ce morceau est celui qui avait inspiré le Canned Heat pour composer son “Going up the country”. Chanté à l’époque (1969) par Al Wilson, il était devenu un des hymnes du festival et du film consacrés au festival de Woodstock. L’intensité et la densité des pistes confèrent à cet opus une belle homogénéité. Le “Dark night” de Blind Willie Johnson manifeste un sens évident du drame et de la tragédie. Superbe ! Sur “Jailhouse blues”, la slide vient une dernière fois tout fracasser sur son passage. Moment d’émotion pur la finale, lorsque Travers a recours aux mêmes armes que les bluesmen originels, pour exécuter le “Death letter” de Son House. Ce long playing est une véritable référence dans l’univers du hard rockin’ blues!

Nederlands
Français 
