Roland Tchakounte est né au Cameroun. Il a chopé le virus de la musique dès son plus jeune âge. Il s’intéresse d’abord au percus, puis à la guitare, et enfin au piano ainsi qu’à l'harmonica. C'est à l'écoute de John Lee Hooker qu'il s’est converti au blues, tout en conservant ses racines africaines. A ses débuts, il chantait dans son dialecte maternel, le bamiléké. Il publie son premier elpee en 1999, "Bred bouh shuga blues". En 2005, il grave "Abango", flanqué de Mick Ravassat. Un album acoustique qui lui ouvre les portes des States et du Canada! En 2006, le line up s’enrichit d’un percussionniste, Mathias Bernheim. Il embraie par "Waka" en 2008, puis "Blues Menessen", deux ans plus tard. Depuis, il écume les scènes de tous les Continents, pour y partager sa musique qu'il qualifie de ‘mélodie sauvage’.
Roland avoue pour références majeures, John Lee Hooker, Ali Farka Touré, Robert Johnson et Son House. Outre le guitariste Mick Ravassat et le percussionniste Mathias Bernheim, il est également épaulé aujourd’hui par le bassiste Laurent Legall.
L’elpee s’ouvre par "Fang am", un excellent blues amplifié sans excès, souligné par l'orgue Hammond de Renaud Cugny. Morceau acoustique, "Kemen" est dominé par la voix grave de Roland. Il l’interprète dans son dialecte ; ce qui ne nous permet pas de comprendre son message qui émane des hauts plateaux du Cameroun. Superbe blues, "Farafina" est empreint d’une émotion délicate ; une plage au cours de laquelle il partage le chant avec la voix féminine de Tatoumata Diawara, face à l'harmonica puissant de Christophe Dupeu et la guitare très présente de Ravassat. "Bouden ndjabou" est une piste à la mélodie séduisante. Piano et guitare rivalisent de subtilité. Condensé de douceur, "Mbak Tchann yogsou kidi" campe un blues rock discrètement boogie. Les cordes de Mick puisent leur inspiration chez Clapton. Les interventions à l'orgue Hammond de Cugny son chaleureuses. Et "Adendja" adopte un même profil. Blues lent, "Smile" nous conduit au bord du désespoir. Roland y concède quelques mots en français : ‘La vie est un combat’ ! Et dans la foulée, il suscite larmes et soupirs, tout au long de "Lana", une compo acoustique tout autant déchirante. Musicalement, Tchakounte me fait parfois penser à Mark Knopfler. Ou plus exactement au Dire Straits des débuts. C’est manifeste sur "Chuboula", mais également tout au long de l'évocateur "If you try black woman", piste illuminée par les interventions bouleversantes dispensées par la guitare de Ravassat. L'harmonica de Christophe ouvre "Me den mbwoga", un Chicago blues classique imprimé sur un mid tempo. De toute bonne facture, cet album s’achève par "Anetchana". La slide est tourmentée. La magie camerounaise opère une dernière fois…

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