Franchement, je me demande pourquoi Joey Burns, John Convertino et leur band sont allés à la Nouvelle-Orléans pour enregistrer leur nouvel album, « Algiers ». Pas de trace de Mardi Gras, de dixieland, de zydeco ou de vaudou. Une seule compo évoque les inondations catastrophiques provoquées par l’ouragan Katrina, « Para », mais c’est plutôt dans le but de faire table rase du passé. Il y a des cuivres, mais toujours bien latino, et bien plus discrets que dans le passé. Sur les douze morceaux que comptent l’opus, une bonne moitié est constituée de ballades. Pop, rock, folk, country ou le tout à la fois. Le plus souvent minimalistes et mélancoliques. Un répertoire qui s’adresse surtout aux mélomanes romantiques…
Penchons-nous plutôt sur les morceaux les plus pétillants de la plaque. « Sinner in the sea » tout d’abord. Un tango qui monte un crescendo au sein d’un climat hispanique, mais de mauvais augure. L’énigmatique « Epic », ensuite, éclaboussé de riffs de gratte épileptiques, à la limite du funk blanc. Et bien sûr les plages les plus mariachi et cuivrées. A l’instar de « Puerto », colorée par ces sonorités de harpe ‘durango’. Et « No te vayas », une piste exotique, sauvage, chantée dans la langue de Cervantès.
Un disque au potentiel commercial indéniable, mais qui risque fort de décevoir les aficionados du Calexico festif…

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