Originaire du Vermont, ce chanteur/compositeur/guitariste/chef d'orchestre/arrangeur et producteur est âgé de 42 ans. Son père est Canadien. Mais d’expression francophone. Dans les années 90, il fonde le Boppin' Blues Band en compagnie duquel il enregistrera sept albums, marqués par le blues, le jazz et même les chants de Noël. En 2001, il décroche une bourse auprès du Conseil des Arts du Québec. Ce qui lui permet d'enregistrer un album dans la langue de Molière "Nous avions rendez-vous". Mike se produit également au sein de son propre groupe : le Mike Goudreau Band; une formule sans cuivres et davantage orientée vers le blues. "The grass ain't greener" a été concocté en 2006 et implique les musiciens suivants : Harmonica Zeke à l’harmonica, Nino Carlo Fabio ou Loorie Goodman aux claviers, Daniel Poulin à la basse ainsi que Patrick Morin ou Richard Bergeron aux drums. Mick signe huit des douze plages.
"Too good to be true" lance les musiciens sur les bons rails. Une plage dynamique, très inspirée par le Chicago blues. Non seulement Goudreau possède une bonne voix, mais ce fin gratteur est inspiré par les meilleurs guitaristes de la cité des vents. Harmonica est un partenaire de choix, un harmoniciste au tempérament de feu et au souffle est puissant. Inspiré par Albert King, "Have you been cheatin' on me?" lorgne du côté de Memphis. Un funk chaleureux soutenu par l'orgue Hammond de Lorrie. Le chant de Zeke est moins vigoureux que celui de son patron. Mais sur le slow blues "Keep on drinkin'", il se réserve aussi de la slide acoustique et manifeste davantage de conviction. Compo énergique mais légère, "Baby please give in" rocke tout en accordant une large part à l'inspiration des solistes : Nino au piano, Mike et Zeke. La reprise du célèbre "Mercury blues" de K.C Douglas est imprimée sur un mid tempo. Le ton est assez volatil. Les musiciens tirent leur épingle du jeu ; et en particulier l'omniprésent Harmonica Zeke. Trempé dans le Chicago southside classique et fort bien ficelé, "I had me a woman" s’inspire manifestement de Muddy Waters. Ballade légèrement gospel, "Give it to the Lord" trahit une sonorité très Memphis. A cause de l'orgue Hammond infiltré par Nino Carlo. Mike signe ici une intervention très originale sur les cordes. Cette même impression, ma foi fort agréable, caractérise une autre ballade : "Dear John song". Soutenu par l’orgue, Mike chante dans un registre jazz. Les lignes de guitare sont inspirées par Carlos Santana. Excellent! "The grass ain't greener " constitue un des meilleurs moments de l’opus. La machine tient bien la route et Mr Goudreau y démontre toute l’étendue de son talent en accordant un solo explosif, un exercice de style immédiatement suivi par une réplique tonique de Zeke. La fin d'album demeure tout aussi intéressante. La reprise du "Oh! Darling" des Beatles en est une belle illustration. Non seulement le sens de la mélodie est bien préservé, mais Zeke ne souffle que les notes nécessaires. Cet album de bonne facture s’achève par le célèbre "Caledonia", un titre bourré de swing au cours duquel les mêmes musiciens se mettent encore et toujours en évidence. Cerise sut le gâteau, un tout nouvel album intitulé "Boppin' 15" sortira d’ici quelques jours !