En ouvrant l’album, « Esoteric Agenda » pourrait nous induire en erreur. Nous faire penser que The Haarp Machine est un énième groupe de death metal brutal et technique. Mais c’est pour mieux brouiller les pistes, car dès le milieu de la chanson, par un passage oriental plus que surprenant, elle ouvre une boîte de pandore à la richesse musicale hors du commun. The Haarp Machine est le genre de groupe qui peut tout se permettre. Il n’utilise pas sa virtuosité comme une excuse à une démonstration vaine et vide de sens, mais au contraire pour livrer un exercice de style mêlant allègrement death metal, rock progressif, jazz, musique orientale, voire classique à la faveur de chansons construites à la manière d’une symphonie. En ce sens, la formation rappelle (toutes proportions gardées) The Human Abstract, même s’il faut bien reconnaître que ces derniers sont beaucoup plus impressionnants dans leur intégration et leur maîtrise de l’aspect classique de leur musique.
Au-delà des notes, ce qui étonne chez ce band, c’est l’excellente réputation et la notoriété dont il dispose depuis plus d’un an, alors que « Disclosure » constitue son premier opus. Quelques extraits (instrumentaux) lâchés sur le net, des changements de line up survenus alors même que T.H.M. enregistrait le disque, combiné aux origines d’Al Mu’Min (NDR : guitariste et tête pensante, il est couvert d’un keffieh sur toutes les photos du groupe), et des paroles engagées, ouvertement anti-américaines, conspiratrices, (dont HAARP est justement un bel exemple) ont suffi à créer le buzz autour du premier Ep du team. Résultat, la sortie de ce premier long playing est devenu un véritable petit évènement.
Ce qui n’ôte rien à la musicalité de l’ensemble, car « Disclosure » est avant tout une aventure musicale riche et intense. Elle ne se laisse pas apprivoiser facilement tant elle est parfois complexe, mais elle devrait ravir les fans du genre.

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