Déguster quelques pissenlits par la racine, six pieds sous terre : personne n’ignore la destination finale, le dernier souffle. Surtout pas les Editors. Sur « An End has a Start », successeur de l’initial « The Back Room », les Anglais se focalisent sur ce fil, fragile et éphémère, qui relie la vie à la mort. Thème formidable de noirceur, idéal pour une formation qui perpétue un recyclage du sombre héritage de Joy Division. Aussi, au jeu du « qui-chante-le-mieux-comme-Ian-Curtis », Tom Smith, la voix des Editors, rejoint-il les tessitures caverneuses de Matt Berninger (The National) et de Paul Banks (Interpol). Mais à la grande différence de ceux-là, Smith reprend à son compte une tradition nationale, des référents majeurs du rock anglais.
Tels des jeunes guerriers sur la tombe de leur ancêtre, les quatre de Birmingham empruntent donc les grandes méthodes sibériennes de la cold wave. L’originalité étant certainement le cadet de leurs soucis, les Editors signent un album hyper référencé. Mais grouillant de tubes criants : « Smokers outside the hospital doors » ou « The racing rats », notamment. Ici (« When anger shows ») et là (« Push your head towards the air »), l’emphase s’apparente au meilleur ennemi du groupe. Car, lorsque les Editors parviennent à canaliser le lyrisme exacerbé de leur chanteur, ils finissent toujours par imposer leurs hymnes hantés. Mais il faut bien le concéder : des fois, la voix de baryton de Tom Smith mériterait bien quelques coups de bâtons !

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