En 1977, l’Angleterre préférait les épingles de nourrice aux cravates. Clash, Sex Pistols et autres Damned faisaient alors trembler la Perfide Albion, imposant le punk et ses valeurs radicales aux portes de Westminster. A la même époque, l’Oncle Sam comptait également quelques punk en ses rangs : les Ramones, bien sûr, mais aussi les Dead Kennedys ou X. Découverts par Ray Manzarek (le clavier des Doors), ces derniers imposaient leur mode binaire sous les cocotiers californiens, tout en esquissant des perspectives dorées pour quelques formations bariolées. Un groupe comme No Doubt était assurément redevable de l’effet X. Toujours est-il que, depuis le début des années 90, John Doe, bassiste de la formation barrée, livre des œuvres solitaires à intervalles réguliers.
Singulier dans son approche musicale, John Doe se démarque ici des efforts collectifs entrepris par le passé. Plus introspectif, il tend à privilégier des envies poétiques où les mots embrassent le folk-rock, voire un blues abrasif. Mais, jamais, il n’est question de punk-rock sur « A year in the wilderness ». En solo mais pas esseulé, John Doe s’entoure des meilleurs. A deux reprises, Dan Auerbach, la guitare des Black Keys, vient lâcher une raclée de riffs bien cramés (sur « There’s a hole » et « Lean out yr window »). Aimee Mann pose sa voix sur « Unforgiven » et, producteur sur le gâteau, Dave Way (Sheryl Crow, Fiona Apple, Alice Cooper, etc.) fait péter les manettes. Classe, discret et propre sur lui, ce nouvel album de John Doe convainc sans remuer ciel et terre. C’est donc la séduction naturelle qui opère.

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