Fondé en 1965, Savoy Brown constitue un des plus anciens groupes issus du british blues boom. Il n'a jamais cessé de se produire ou d’enregistrer, même s'il est devenu, au fil du temps, le projet personnel de Kim Simmonds. Ce dernier vit depuis belle lurette dans l'état de New York où il a fondé sa famille. Savoy Brown est donc devenue une formation américaine, mais toujours inspirée par le blues. Que ce soit en solo ou au sein de son band, ses derniers opus sont parus sur le label Blue Wave de Greg Spencer (NDR : en quelque sorte un voisin !) Il y a quelques années, Kim a décidé de ne plus louer les services d'un chanteur ; mais de prendre les parties vocales à son compte. S’il remplit correctement ce rôle, il faut reconnaître que sa voix manque de puissance. Pour son combo, il a adopté la formule du trio. Il en est le leader incontesté et incontestable en se réservant le chant, les guitares, la plupart des compositions et des arrangements ainsi que la production. Il est soutenu par Gerry Sorrentino à la basse et Mario Staiano ou Dennis Cotton à la batterie. Sa musique est toujours aussi agréable à écouter. Et le blues rock dispensé tout au long de “Steel” s’avère léger, sans fioritures, évoluant dans un registre assez proche des elpees "Street corner talking" et "Hellbound train", commis en 1971/72.
Signé Lowell Fulsom, "Monday morning blues" ouvre la plaque. Et il ne faut pas plus de quelques secondes pour reconnaître l’empreinte personnelle de Kim, les sonorités et le style très caractéristiques de Savoy Brown. Il chante d’un timbre léger quelques couplets avant d’enchaîner par de longues phrases imaginatives sur ses cordes. Le tempo monte d’un cran pour "Long as I've got you". Kim a empoigné sa slide. Il la fait rugir. Mais si les sons produits ont été torturés, l’écoute de cette plage passe facilement la rampe. Simmonds est en excellente forme ! Le tempo ralentit. La rythmique s’alourdit et impose un climat inquiétant et troublant tout au long d’"I don't remember you". Rapidement, la guitare largement amplifiée doit faire face aux instruments préposés au rythme. Elle trahit le mal-vivre de l'instant. Un retour à une formule déjà explorée dans le passé ! Ballade réminiscente des Stones, "You don't do a thing for me" rocke et rolle. Plaisant, "Fly away" est balayé par une toute bonne slide! Kim adopte un profil davantage hard, mais sans trop d’agressivité pour attaquer "Crying forever", une composition très tonique. Plage de bonne facture, "Daybreak" baigne au sein d’un univers nonchalant, laidback, un univers entretenu par la voix de Kim, les cordes se chargeant de faire la différence. Plage instrumentale "Echo of a sigh" nous replonge en 1971, à l’époque de l’elpee "Looking in", le dernier concocté par le Savoy Brown au sein duquel militaient les futurs membres de Foghat. De la dentelle ! Ou si vous préférez du pur Simmonds. Nous sommes alors très proches du "Romanoff" de l'époque! Le slow blues dépouillé, c’est ce que Simmonds fait de mieux. Tout au long du superbe "I'll keep on singing the blues", il y instaure un dialogue entre le chant et la guitare ; et au fil de la plage, cette dernière se révèle de plus en plus impatiente. Ce cd s’achève par "Keeping the dream alive", un rock'n'roll bien dans l’esprit de Jimmy Reed au cours duquel Savoy Brown met le turbo. Bref, si cet opus reste de bonne facture, il ne constitue pas le meilleur de la bande à Simmonds…

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