Brad Vickers est issu de Long Island, près de New York. Ce bluesman a baptisé son backing group –drôle d’idée !–Vestapolitans ; encore que le patronyme pourrait émaner d’un tuning de guitare imaginé à Sébastopol ! A ce jour, il avait publié trois albums personnels ; et le dernier, "Travellin four", était paru en 2011. Très blues, il s’inspirait de mythes du style comme Tampa Red, Leroy Carr ou J.B Lenoir. Pour enregistrer ce nouvel opus, Brad a voulu explorer un autre filon, plonger plus loin dans le passé, au cœur des roots tout particulièrement, en se frottant au ragtime et au skiffle. Margy Peters à la basse, Bill Rankin aux drums et VD King au banjo constituent ses Vestapolitans. Lors des sessions, il a reçu le concours de quelques invités.
Brad chante son "Little gem" sur un tempo enlevé, proche du rock'n'roll. Il est soutenu par Jim Davis et Matt Cowan aux saxophones, Dave Gross à la basse (NDR : c’est également ce jeune producteur qui se charge de la mise en forme de l’elpee) et Margey Peters aux backing vocaux ainsi qu’au violon. Dynamique, "Train goin' Westward bound" baigne dans une atmosphère rétro. Les cuivres sont toujours présents. Epaulé par les interventions d’une mandoline et d’un banjo, Brad a opté pour le bottleneck. Caractérisé par la présence des violons de Margey et de Charles Burnham, "Saving string rag" trempe dans le pur ragtime. Blues champêtre et acoustique, "Sit down and walk" est une compo fort bien ficelée. Pour la circonstance, Brad est uniquement secondé par sa section rythmique. Le violon de Burnham nous entraîne au sein d’un climat western swing, tout au long de l’entraînant, et même dansant "Great day in the morning". Margey se réserve les vocaux sur "Saturday blues". Cool, l’ambiance rappelle les vieilles demeures du Mississippi. Vivifiantes, les percus de Rankin adoptent un rythme soutenu, comparable à celui du chemin de fer sur "Chapter and verse". Retour au blues, sur "It's a good life", une plage rythmée, tout en swing, alimentée par les ivoires et les saxophones. Deux reprises sur ce long playing. Tout d’abord "Frisco town", un titre signé Memphis Minnie. L’atmosphère est bien rendue, grâce au violon de Miss Peters. "Anna Lou blues" ensuite. Le recours au bootleneck est particulièrement subtil, tout au long de cette piste issue de la plume de Tampa Red. Brad est rejoint par les chœurs de deux vocalistes notoires sur la côte Est des States, Christine Santelli et Gina Sicilia, sur "The way it's got to be", un blues très rythmé, dansant, souligné par les interventions des deux saxophones. Baum est passé à l'orgue Hammond, lorsque Christine et Gina chantent en gospel, l’excellent "Together for good". Morceau traditionnel, "Dallas blues" clôt le long playing. Une piste proche du séculaire Dixieland, interprétée tout en décontraction, dans l’esprit de ce style jazz de la première époque, plage au cours de laquelle violons, mandoline et clarinette sont à la fête…

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