Parmi les jeunes chanteurs/guitaristes de blues/rock, Joe Bonamassa est probablement celui qui a rencontré et rencontre encore le plus de succès. Et il commence à prendre de la bouteille, puisqu’il affiche désormais 36 balais. Il avait à peine 12 ans, lorsqu’il tape dans l’oreille de la légende BB King. Son emploi du temps est particulièrement chargé. Ainsi, l’an dernier, il avait participé à trois projets différents. Il avait ainsi gravé son 13ème elpee, "Driving towards the daylight", un disque pour lequel il avait reçu le concours du gratteur d'Aerosmith, Brad Whitford. Publié deux Dvd. En ‘live’. Tout d’abord "Beacon Theatre : Live from New York", au cours duquel il avait bénéficié de la participation de quelques invités de marque, dont Paul Rodgers, John Hiatt et Beth Hart. Ensuite "Live from the Royal Albert Hall", en compagnie d'Eric Clapton. En mars 2013, il a encore commis un opus enregistré en public, "An acoustic evening at the Vienna Opera House". Sans oublier sa coopération au Black Country Communion, auprès de Glen Hughes et Jason Bonham, une expérience qui semble avoir pris fin.
Chanteuse, Miss Beth Hart est âgée de 41 ans. A 27 ans, elle avait assuré le rôle de Janis Joplin, dans une comédie musicale. Elle a longtemps dû affronter ses démons et traversé de nombreuses dépressions. Mais c’est Joe Bonamassa qui l'a remise sur le droit chemin. Elle a ainsi participé à la confection du long playing de Buddy Guy, "Rhythm & blues", en 2012. Et puis Beth et Joe avaient déjà réalisé un LP en duo, "Don't explain", en 2011.
C’est le "Them there eyes" de Billie Holiday qui ouvre la plaque. Tout au long de ce R&B largement cuivré, Beth révèle la puissance naturelle du timbre de sa voix. Caractérisé par la présence discrète de cuivres, "Close to my fire" trempe dans le blues. Joe assure son rôle de soliste en conjuguant autorité et sensibilité. La version du "Nutbush City limits" d'Ike Turner ne manque pas de panache. Miss Hart démontre qu’elle est capable de reprendre le rôle de Tina Turner, générant une excitation digne de la grande dame. "I love you more than you'll ever know" est imprimé sur un tempo lent. La tessiture vocale de Beth est remarquable. Malheureusement, cette compo est surchargée de cordes. Joe se réserve la slide sur "Can 't let go", une plage au rythme plus rock'n'roll. L’accordéon communique une atmosphère très roots et radieuse. C’est dans ce style que la voix de Beth prend toute sa dimension, oscillant entre douceur et tourmente. Et manifestement, elle a du tempérament à revendre. Le rythme est toujours bien présent pour "Miss Lady". L’orgue Hammond s’infiltre dans la solution sonore dominée par les cuivres. Ballade folk roots, "I tell you I love you" ne manque pas de charme ; une chanson issue de la plume de Melody Gardot, une auteure-compositrice issue de Philadelphie. L’accordéon colore joliment ce morceau fluctuant entre bossa nova et valse, alors que quelques mots d’amour sont prononcés dans la langue de Molière. Beth chante à la manière d’Etta James, "Rhyme", un bon R&B découpé dans un riff stonien. Elle nous réserve alors "A Sunday kind of love", une ballade blues signée par même miss James. Le titre maître adopte un tempo très dansant, lorgnant même vers le style du label Stax et de son égérie Aretha Franklin. L'album s’achève par "Strange fruit", une plage très lente dont les effets dramatiques sont causés par les interventions de Joe…

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