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De son véritable nom Ronald Horvath, Ronnie Earl est un des plus grands guitaristes de notre époque. Que ce soit dans le domaine du blues, du rock, du jazz ou de la soul, cet écorché vif est un brillant technicien capable d’injecter dans son jeu une sensibilité autant massive que détonante. Il est à peine âgé de 60 balais. Ce diplômé de l'université de Boston a choisi d’embrasser une carrière musicale. En 1979, il entre dans le Roomful of Blues. Au sein de ce big band, il succède à une autre légende, Duke Robillard. Son aventure en solo lui permet de publier les excellents "Smokin'" et "They call me Mr Earl", en compagnie de Kim Wilson, préposé au chant et à l’harmonica. En 88, il fonde son propre groupe, The Broadcasters. Il est alors épaulé par le chanteur Darrel Nulisch et l’harmoniciste Jerry Portnoy. Au cours de cet épisode, il va graver toute une série de superbes elpees, ses derniers épousant une forme de plus en plus instrumentale. En octobre prochain, il célèbrera les 25 années d'existence de son groupe. Le line up actuel des Broadcasters réunit Dave Limina à l’orgue Hammond B3 et au piano, Lorne Entress à la batterie et Jim Mouradian à la basse. Les enregistrements ont été effectués en ‘live’, aux quatre coins de l'état du Massachussets, et le plus souvent au Regent Theatre d'Arlington.

"The big train" est un R&B qui nous plonge au cœur du Memphis, une plage au cours de laquelle l'orgue de Lumina domine les débats. Mais le blues opère rapidement un retour à l’avant-plan. A l’instar de l’indolent "Blues for Celie", une dédicace comme Ronnie les apprécie et en réserve sur chacune de ses œuvres. Son jeu est extrêmement fluide. Ses notes sont dispensées parcimonieusement, mais traduisent une sensibilité à fleur de peau. Dans le style, il est sans doute le meilleur. Et écouter une telle compo est un véritable régal pour les oreilles. C’est d’ailleurs lorsque le tempo est le plus lent qu’Earl est au sommet de son art. Il peut ainsi communiquer toute la tendresse et l'émotion qu’il éprouve. Et "Miracle" ainsi que "Heart of glass" en sont également de parfaites illustration. Le temps d'un boogie, il cède le relais de soliste à Dave Limina, qui titre son épingle du jeu aux ivoires sur "Vernice's boogie". Je vous l’avais signalé, Earl aime rendre hommage aux légendes du blues qui l'ont influencé. Il le réserve à trois gratteurs mythiques. Tout d’abord Otis Rush. Sur "Rush hour", morceau bien marqué par les interventions d’orgue, et caractérisé par la présence discrète d’un guitariste issu de Detroit. En l’occurrence Nicholas Tabarias, un jeune musicien âgé à peine de 22 ans. L’inoubliable soliste Howlin' Wolf, ensuite. Pour "Blues for Hubert Sumlin". Et enfin "Robert Nighthawk stomp", une piste qui honore ce pionnier de la slide guitare. Signé John Coltrane, "Equinox" trempe naturellement dans le jazz, et se singularise par d’exquis dialogues entre orgue et gratte. Encore une adaptation d’un standard du blues, "Ain't nobody's business", une composition popularisée par Freddie King. Ed et Tabarias se partagent le shuffle "Jukein". Le long playing ne recèle qu’une seule piste chantée. Un autre classique. Celui d'Etta James, "I'd rather go blind". Et cette mission est parfaitement assurée par la chanteuse blanche issue de Boston, Diane Blue…

 

Informations supplémentaires

  • Band Name: Ronnie Earl
  • Genre: Blues/Roots
  • Label Prod: Stony Plain / CRS
  • Date: 2013-04-09
  • Rating: 5
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