Ty Segal est un musicien étasunien qui joue aussi bien de la batterie et plus généralement de la guitare. Outre son aventure en solitaire, il est impliqué dans de multiples projets dont The Traditional Fools, Epsilons, Party Fowl, Sic Alps et The Perverts. Sans oublier son propre band, essentiellement destiné à l’accompagner en tournée. C’est pourtant flanqué de son backing group, qu’il a enregistré ce « Slaughterhouse ». Et à l’instar de ses prestations ‘live’, l’elpee s’avère particulièrement écrasant, puissant, claustrophobe. Sur plusieurs compos, le son est même carrément pourave, comme s’il avait été enregistré sur un mini-cassette. Segall a déclaré qu’en concoctant cet opus, il avait voulu chercher un compromis entre les Stooges, Hawkwind et Black Sabbath. Pas tout à fait faux, même s’il est nécessaire de nuancer le propos. Ainsi, certaines plages trempent carrément dans le garage punk. Pensez à 13th Floor Elevators. Et d’autres évoquent les Beatles, lorsqu’ils ont sévi à Hambourg. Paradoxalement, les harmonies vocales et la mélodie de la plage qui ouvre le long playing, « Death », lorgnent plutôt vers les Dandy Warhols, alors que la progression de cordes aride et véloce du titre maître emprunte des accents ‘pixiesques’. Et si « Muscle man » calque son riff de base sur « I’m free » du Who, la longue piste qui clôt l’LP, « Fuzz war », nous entraîne dans la noisy atmosphérique. L’album recèle deux reprises, « The bag I’m in » signée Fred Neil et puis surtout le furieux « Diddy wah diddy » de Bo Diddley, abordé à la manière de Captain Beefheart. Si vous cherchez à faire le plein de références, c’est Byzance…
En concert ce 4 décembre 2013 au Vk* de Bruxelles, dans le cadre de l’Autumn Falls.

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