Family Band réunit Kim Krans, une artiste qui jusqu’à présent ne militait que dans la sphère visuelle, et Jonny Ollsin, un ex-guitariste de trash metal (Children, S.T.R.E.E.T.S.). Un couple issu de Brooklyn qui, pour l’enregistrement de cet album, a reçu le concours de Scott Hirsh (His Golden Messenger) à la basse et à la lap steel. D’un timbre légèrement éraillé, profond, angoissant mais captivant, Kim se charge des vocaux. Le jeu de guitare proposé par Scott est dispensé parcimonieusement, le plus souvent en picking ; parfois réverbérant même les échos d’une harpe. Le climat de leur musique est austère, élégant, spectral, glacé, presque gothique, rappelant même parfois Dead Can Dance, notamment ces échos profonds, vibrants, puissants qui figent parfois le sens mélodique.
L’elpee s’ouvre par « Night song », une compo dont le simple riff de guitare tourne en boucle, un peu comme chez Archive. Et « Lace », la plage qui embraie, emprunte un schéma presque semblable. A partir du troisième morceau, hormis « Ride », une piste qui gronde au gré des oscillations des timpanis, des éclaboussures de cymbales et des accès de basse, le tempo se révèle beaucoup plus indolent, presque léthargique, un peu comme chez Cowboy Junkies. Enigmatique, traitant de l’amour, de la mort, de la perte et de la déception, le titre maître palpite même au rythme des battements lents du cœur. Seul le titre final, « Rest », ose un duo vocal. Et il est plutôt réussi. Un album chargé de mélancolie douce qui ne manque pas d’allure, mais bien de changements de tempo. Bonne nuit !

Nederlands
Français 
