Responsable d'un chouette premier opus en 93, la bande à Tanya Donnelly ne pouvait obtenir qu'une confirmation de ses excellentes dispositions sur "King". Pourtant, en écoutant le single, "Now they'll sleep", nous nous sommes quelque peu inquiétés. Pas tellement à cause du titre maître, mais des trois morceaux complémentaires. Enfin, comme il ne s'agissait que d'un EP, nous supposions que l'album allait remettre les pendules à l'heure. Il a malheureusement fallu se rendre à l'évidence. "King" souffre du même mal. Problème de production? Difficile à croire, lorsqu'on sait qu'elle a été assurée par Glynn Johns, dont la réputation passe par la mise en forme d'œuvres des Beatles, des Stones, du Who et même de Clash. Problème d'ingénieur du son alors? Pas sûr, mais probablement. Jack Puig a surtout eu l'habitude de travailler pour des groupes plus revivalistes, comme les Black Crowes. Et à notre humble avis il s'est évertué à rendre le son plus filandreux, plus étouffé, opération davantage adaptée aux groupes des seventies qu'aux groupes de popcore. Résultat des courses, hormis "Red", "Seal my fate", "Now they'll sleep" et le titre maître, la musique de Belly a perdu une grosse partie de sa spontanéité. Une preuve irréfutable? L'extra CD de trois démos qui accompagne l'opus. En édition limitée, il faut le souligner. Pas de production. Mais un feeling incroyable qui donne aux compositions une toute autre dimension. Acérées, pétillantes. Comme on les aime. Dommage, car avec une finition plus judicieuse, "King" aurait pu figurer parmi les albums de l'année. Ce qui n'empêchera, bien sûr, pas celui-ci de bien se vendre, puisqu'il a déjà atteint le top 5 en Belgique...

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