C’est un long hiver qui s’éternise, s’étend paresseusement.
A bien y regarder, il s’agit peut-être d’un doux été qui perdure.
Blotti au creux de cette indécision, la musique de ce trio caresse les nœuds logés aux creux des bois, là, dans cette forêt qui se dessine sous un ciel ouvert et dégagé.
Comme dans un rêve, toute sensation de froid ou de chaud semble superflue.
Enveloppés dans un voile cotonneux, les invités sont priés de laisser leurs chaussures couvertes de boue sur le pas d’une porte.
A l’intérieur d’un cabanon, au milieu d’une lumineuse clairière, les trois hôtes nous débarrassent de nos états mentaux (manteaux ?), ces gabardines doublées de doutes et de questionnements.
Pensent nos petits chagrins et réfléchissent à deux fois avant de nous renvoyer notre image, fatalement floue, diffuse dans un halo bienveillant.
Collection de chansons composées en solitaire pendant quatre années sabbatiques et recousues ensemble, ce premier essai est joliment troussé.
On s’y prélasse agréablement, on y traîne avec plaisir, sans songer au réveil.
Car sans doute, dès que celui-ci surgira, il nous privera de tout souvenir.
Alors, tant qu’on est sur place, on profite du moment, en regardant les vignettes oniriques qui courent sur les murs, les plafonds, et réverbèrent la lumière d’une journée sans fin.

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