C’est par un murmure que Julia Holter ouvre son 3ème opus. Et manifestement elle développe, tout au long de « World » son propre monde musical, guidé par son timbre vocal si particulier… Elle marche ainsi sur les traces –mais en plus accessible tout de même– de Julianna Barwick voire de Joanna Newsom. Son univers sonore est à la fois empreint de langueur et de délicatesse, mais surtout brille par sa créativité. Le saxo et les violons boostent « This is a True Heart », un morceau au groove imparable, alors que la contrebasse jazzifie le mystérieux « City Appearing », une plage chargée de nuances oscillant entre dissonance et mélodicité. Sagace, l’opus est librement inspiré de ‘Gigi’, un roman écrit en 1944 par Colette, et atteint son apogée sur les très beaux « Maxim I & II ». Du cabaret qui hésite entre pop et shoegaze tout en révélant une profondeur sidérale… La jeune Californienne confirme tout le bien que ses premiers albums avaient laissé deviner ! J’ai la nette impression qu’on va reparler de Kate Bush…

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