Jim Gustin nous vient de Santa Clarita, au Nord de Los Angeles. Ce Californien n’est plus vraiment un débutant même si son talent de compositeur, guitariste et chanteur tarde à rencontrer la reconnaissance. Il possède une voix puissante qui lui permet d’injecter un maximum d’énergie, que ce soit dans le blues ou la soul. « Can't shed a tear » constitue son premier album solo. Il a été produit par Terry Wilson, dont la carte de visite mentionne la mise en forme d’œuvres d’Eric Burdon et Ana Popovic. Lors des sessions d’enregistrement, il a reçu le concours de son backing group. En l’occurrence, la chanteuse Jeri Goldenhar (NDR : mesurant plus d’1m80, une fille à la silhouette longiligne), son époux Chuck Goldenhar à l'harmonica, le guitariste Chris Baurer, le bassiste Burke Greer, le drummer Jim Sipotz, et une seconde vocaliste, Jessica Baurer. Jim signe l’essentiel des titres de cet opus.
"I gotta sing" ouvre le long playing. Une compo qui ne manque pas de charme. Percutante, la voix domine l’ensemble. Elle est soutenue par les interventions de piano et d’orgue, alors que la guitare se révèle plutôt extravertie. "Can't shed a tear" est caractérisé par une bonne intro aux cordes. Mais c’est toujours le chant qui s’impose. Une voix proche de celle de Joe Cocker, bien graveleuse, mais moins ravagée, lorsqu’elle n’emprunte pas le timbre ou les inflexions des meilleurs vocalistes du southern rock. Le saxophone de Jim Scimonetti pimente "No faith in forever", un R&B imprimé sur un mid tempo. Pour la première fois, la grande Jeri se réserve la réplique ; et les échanges sont de toute bonne facture. Terry Wilson est préposé aux claviers sur la remarquable ballade "If God made something better", une piste à laquelle participe également la Texane Teresa James ainsi que John ‘Rabbit’ Bundrick, un musicien qui a autrefois apporté sa collaboration à Free, Crawler, Eric Burdon, les Who et même les Wailers de Bob Marley! Un dobro bien métallique ouvre "Beauty for ashes", lui communiquant une touche roots. Caractérisée par ses accents dramatiques, cette piste trahit encore de solides traces de southern blues rock! La guitare est bien sentie, ravageuse, pendant qu’en retrait, Miss Jeri hoquette de bonheur. "Why why why" baigne manifestement dans une ambiance ‘stonienne’. Tout particulièrement à cause de la guitare plus Mick Taylor que nature. Jeri chante "Good-bye", un shuffle chaleureux. La section rythmique est aux commandes, alors que la guitare est bien offensive. Parcouru par le piano roadhouse et la clarinette, "My baby just left me again" trempe dans un climat neo-oleanesque. Chouette ballade acoustique, "You never gave up on me" implique piano et harmonica. "You answer me" est une autre superbe compo ; par ailleurs remarquablement chantée. Et la partie de cordes est belle à pleurer! Une seule reprise, le "Life is hard, live with it" de Teresa James, qui pour la circonstance se charge des ivoires. "What do you see in me ?" est une ballade craquante, visionnaire, que Jeri chante en douceur. De toute bonne facture, cet elpee s’achève par "Say amen", une plage gospel…

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