Originaire de San Antonio, Chris s'est révélé dans les années 90 sur la scène d'Austin, alors orpheline de Stevie Ray Vaughan. Tous les espoirs étaient permis. Certains ont évoqué la réincarnation d’un nouveau Dieu de la six cordes. D’autres tout simplement la naissance d’une nouvelle révélation. Une chose est sûre, Duarte est un fameux musicien. Un soliste talentueux, mais certainement pas un ersatz de l'ange disparu d'Austin. Ce chanteur/guitariste a été largement inspiré par Albert King. Puis par BB King, Buddy Guy, Albert Collins et, tout comme SRV, Jimi Hendrix. Il confesse aussi avoir été fortement marqué par l’approche intimiste et la profondeur musicale de John Coltrane. Si Chris aime bien entendu le blues, il est aussi très marqué par la musique rock et cette empreinte se ressent tout au long de ce nouvel opus. Chris nous avait déjà gratifié d'excellents elpees : "Texas sugar/Strat Magick" en 1995, "Tailspin Headwhack" en 1997, "Love is greater than me" en 2000 et "Romp" en 2003. Quatre œuvres qui ne peuvent laisser indifférent vu le talent de ce musicien.
L'embarquement est opéré par "Amy Lee". L'inspiration est largement blues. La voix de Chris est naturellement puissante et colle parfaitement à son répertoire. La guitare est déjà impatiente de se libérer. Et lorsqu’elle rugit enfin, c’est dans l’esprit du grand Albert King. Bien enlevé, "Do it again" consomme du rock'n'roll à la Duarte. Les cordes occupent tout l'espace! Superbe blues, "Hard mind" est imprimé sur un tempo élevé. Notre Texan a rage au ventre et laisse éclater toute son énergie. Il ne se fixe jamais de limites et déverse des torrents de notes bien senties. Ses interventions ne suscitent jamais l’ennui ; et pour cause, elles sont constamment remises en question par sa créativité débordante. Manifestement, Stevie Ray n'est pas loin ; mais nous ne sommes jamais en présence d’une copie carbone, tant l'artiste affiche une maîtrise déconcertante. Et l’écoute de cette plage procure un immense plaisir. "Something wicked" nous prend aux tripes. Un slow blues torride au cours duquel Duarte nous prend aux tripes et ne nous lâche plus pendant un bon quart d'heure ; en fait, le temps que dure cette plage. Qui peut, bien sûr, évoquer "Texas Flood" ou "Tin Pan Alley" ; mais c'est tellement bon! Rocker, Chris Duarte se révèle tout aussi brillant. A l’instar d’"I’ll never know", dont les accents semblent empruntés aux Beatles voire même à Hendrix. Un Jimi Hendrix qui hante à nouveau "Sun Prairie blues", un nouveau long blues. A cause des courtes phrases des cordes qui répondent au chant. Et puis "R U 4 Real", dont l'ambiance aérienne, atmosphérique, constitue une invitation au voyage psychédélique. Cependant, il transparaît constamment une recherche personnelle dans les compos ; et le très souvent aux moments les plus inattendus. A contrario, sculpté dans le hard pur et dur, "Never gonna change" n’est pas d’un grand intérêt. Lorgner du côté de Detroit, la Motor City, est louable ; mais prendre pour modèle le vieux Ted Nugent n’était pas nécessairement un bon choix.

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