Fred Lani avait à peine 17 ans lorsqu'il a fondé la première mouture des Healers. C’était en 1994. Elle impliquait son père, Papy X, à la basse et Marc Lhommel, à la batterie. A l’époque, le combo pratiquait du Texas blues, inspiré par Stevie Ray Vaughan et Johnny Winter. Leur premier elpee, tout simplement baptisé "First", tombe dans les bacs en 1997 et séduit rapidement leur public! Dans la foulée, le combo publie "I gotta leave". Soit, en 1998. "Electerrified" ne paraît qu’en 2001. Fred se lance dans une aventure plus personnelle en compagnie du notoire Bruno Castelluci, à la batterie. En 2004, la bande à Lani grave "Red", un elpee présenté en avant-première au Botanique. A la même affiche, figure un certain Triggerfinger… C'est ensuite le silence radio. Fred disparaît pour mieux revenir. Ce sera en 2013. Il engage deux nouveaux musicos, le bassiste Cedric Cornez et le batteur Nicolas Sand. Il ressuscite ainsi les Healers.
"Hammerbeatmatic" vient donc de sortir et constitue la meilleure œuvre commise à ce jour pour notre chanteur/guitariste qui affiche aujourd'hui 36 ans au compteur. La production et toutes les compos sont signées Frédéric Lani.
L'ouverture est largement électrique. Blues/rock, "Doyle the hunter" nous replonge à une époque où Jimi Henrix était un dieu vivant. Bien que déjantée, la guitare reste parfaitement sous contrôle. Une excellente entrée en matière. Changement de style pour "A man for a day", une folk blues intimiste, particulièrement mélodieux, paru –semble-t-il– en single, une plage qui monte progressivement en puissance. "Roots and roses" est un morceau écrit pour le festival du même nom qui se déroule chaque 1er mai au Centre Culturel René Magritte de Lessines. Il est vrai que Mr Roots & Roses, Frédéric Maréchal, naguère responsable du Boogie Town Festival de Louvain-la-Neuve, demeure l'agent des Healers. Oscillant entre rock et boogie, la piste est toujours hantée par le spectre de Hendrix. "Burning" porte bien son titre. De toute évidence inspiré par l'albinos texan, Johnny Winter, il est particulièrement brûlant ! Fred éructe ses vocaux de la même manière, et ses cordent slident également jusque la jouissance. Enrobée de chœurs, "Dreams" est une ballade roots qui ne manque pas de charme. Chargées de sensibilité, les cordes explorent tous les espaces disponibles. "Lover's boogie" est le boogie attendu. L’intro est digne de Canned Heat. Dr Boogie et Fred Maréchal ne doivent plus tenir en place. Pourtant la guitare restitue des accords plus proches d’un Billy Gibbons (ZZ Top). Le riff asséné à "AVD" est très percutant. Sans aucun doute, un élément de base de la ‘Hammerbeatmaticmania’. La section rythmique est à son avantage, une rampe de lacement idéale pour permettre à Fred de lancer ses scuds. La voix a fortement mûri et c'est bien la marque d'une progression. La machine de guerre est définitivement sur ses rails. Les brûlots se suivent : "The river bed", caractérisé par ses cordes incandescentes, le très ‘hendrixien’ (époque Band of Gypsies) "The best thing", l'incendiaire "Like a leaf". "Remedy" nous ramène vers les berges du Mississippi. La slide domine le sujet. Plage dynamique, "Scratch my back" n’est pas un titre de Slim Harpo, mais bien signé Lani. Enfin, en finale, "Another place" nous immerge dans le Delta, une compo au cours de laquelle le bottleneck est en plein délire…

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