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800% Ndagga

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Mark Ernestus est un personnage important dans l'histoire de la musique électronique allemande. D'abord, parce qu'il ouvre à Berlin en 89 le premier magasin spécialisé dans ce style : Hard Wax. Ensuite, pour le label légendaire qu'il a lancé en compagnie de son compère Moritz Von Oswald (aka Maurizio) au début des nineties : Basic Channel et toute sa constellation (Chain Reaction, Burial Trax, Imbalance...) Une structure que les deux amis ont amplement alimenté à l’aide de leurs productions personnelles sous quantité de pseudos (Cyrus, Quadrant, Rhythm & Sound, ...)

Depuis 2008, il entretient une passion dévorante pour la musique africaine. Il va d'abord remixer Tony Allen et le Konono n°1 puis compilera pour le label Honest Jons, les meilleurs morceaux d'un nouveau style né dans les townships au début du 21ème siècle : le Shangaan Electro. Sa fascination pour le Mbalax, musique basée sur les percussions particulièrement populaire au Sénégal, le mène tout naturellement dans ce pays. Il y rencontre Bakane Seck, grand maître du tambour Sabar qui le présente à d'autres éminents percussionnistes locaux dont Doudou Ndiaye Rose, légende vivante de la musique africaine, toujours alerte malgré ses 85 ans.

Très vite, Ernestus décide de se lancer dans la production de morceaux avec ses nouveaux amis sur un label qu'il crée pour l'occasion, Ndagga. Il embrigade dans le projet Jeri-Jeri quelques autres grands noms de la scène sénégalaise parmi lesquels le chanteur/guitariste Baaba Maal, la diva Mbene Diatta Seck et quelques membres du groupe de Youssou N'Dour.  Ces enregistrements auxquels ont participé une vingtaine d'intervenants ont donné naissance à deux albums : « 800% Ndagga » qui se concentre sur les morceaux vocaux et « Ndagga Versions » pour les titres purement instrumentaux.

C'est l'occasion pour un nouveau public de découvrir les polyrythmiques fascinantes du Mbalax, un style qui depuis les années 70 fusionne musiques traditionnelles et influences occidentales. Cette rencontre avec un orfèvre de la production fonctionne remarquablement. Ernestus donne une nouvelle dimension au genre et lui donne la possibilité de séduire les fans de sonorités électroniques. Intelligent et inventif, plein de groove et de complexité rythmiques, « Ndagga » est une rencontre entre le passé et le futur. Cela se danse ou cela s'écoute selon l'envie. C'est de la world music débarrassée de toute ringardise, de toute condescendance. C'est le tribut amoureux d'un sorcier de la techno germanique au continent des rythmes. Griotronic.

 

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