La naissance de BRNS (il faut prononcer Brains) est plutôt cocasse. C’est après un nouvel an arrosé qu’Antoine Meersseman (basse/chœur) et Tim Philippe (batterie/chant) décident de créer un projet commun. Diego Leyder (guitariste) et César Laloux (multi-instrumentiste) les rejoignent peu de temps après.
Au fait, pourquoi ‘BRNS’ ? Passionnés de cinéma, les lascars se sont tout simplement inspirés du titre d’un film. Ni plus, ni moins !
Caractérisé par son drumming tentaculaire, ce nouvel espoir de la nouvelle génération de la scène montante noir-jaune-rouge avait marqué les conduits auditifs au fer rouge, lors de la sortie de l’excellentissime « Mexico », en 2012.
La musique de cette jeune formation est difficile à cataloguer ; hybride à souhait, elle est le résultat d’une addition complexe de rythmiques non conventionnelles, d’un son pop, parfois un peu rock, et d’une dose métronomique d’électro.
Réunissant sept pistes, « Wounded », était véritablement époustouflant ! Un renouveau dans le genre ! On était donc en droit de penser que le premier album serait de cette trempe…
Finalement, il n’en sera rien… Pas pour cette fois en tout cas ! Peut être est-ce l’effet pervers du succès ? Pas une raison pour taxer cet opus de médiocre ! Non ! Il faut juste l’écouter pour ce qu’il est, c'est-à-dire un axe médian de morceaux complexes et évolutifs. L’exercice en soit est déjà suffisamment compliqué !
« Patine » reste facilement identifiable. Riffs de guitares et beats syncopés tourbillonnent, sans jamais s’y perdre, autour de la voix particulière de Tim.
Quelques belles surprises figurent tout de même au menu ! La plage d’ouverture « Void » donne le ton ! Savant mélange de gravitation et de lévitation. Sans doute l’un des meilleurs morceaux, « My head into you » met en exergue une savoureuse combinaison batterie/voix. Je m’en délecte ! On notera au passage une approche vocale différente, plus posée, mais néanmoins intéressante, dans « One, two, three, four ». A exploiter !
En conclusion, on ressent une volonté consciente (ou non) de la part de ces quatre garçons à employer les mêmes principes physiques utilisés précédemment. Ils gardent en effet cet air de liberté, sans jamais anesthésier l’auditeur. Refusant toute banalité rock, ils prodiguent ici un son résolument moins pop. C’est ce qui rend sans nul doute l’écoute moins abordable.
Plus élitiste et hétérogène donc, cet elpee ne restera probablement pas dans les annales. Il augure tout de même une belle série de promesses dans son ensemble.
Pas écervelé pour un sou, le combo bruxellois affirme un style et une culture assez éloignés de ce que l’on peut entendre généralement, tout en ancrant les bases d’une carrière que l’on espère longue malgré ce léger passage ombragé Ce n’est déjà pas si mal après tout !

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