Chanteur, guitariste et compositeur, Ian Siegal est l'artiste anglais le plus populaire aujourd'hui dans les milieux du blues et de la roots music. Depuis le début de ce nouveau millénaire, il a publié toute une série d'albums, très bien reçus par le public et la critique. Il cumule les British Blues Awards depuis 2010. Cet opus a été immortalisé ‘live’ au North Sea Jazz Club, à Amsterdam, en avril 2014. Pour la circonstance, son backing group, The Rhythm Chiefs, réunit trois jeunots : le guitariste Dusty Ciggaar, le drummer Raphael Schwiddessen et le bassiste Danny Van't Hoff. Et ils sont bataves. Malgré son jeune âge, Ian a une voix déjà ravagée. Manifestement, l'artiste a déjà sa part de vécu.
Le concert s’ouvre par une compo imprimée sur le rythme du chemin de fer. Pas étonnant, puisque la plage s’intitule "I am the train". Le très jeune Ciggaar s'affirme d’emblée ; un gratteur hyper doué qui s’est indéniablement forgé un style personnel. Funky, "Brandy balloon" évolue sur un tempo nerveux. Dusty est à nouveau très incisif sur cette piste qui figurait sur l’elpee "Meat & Potatoes", paru en 2005. La voix de Siegal emprunte un timbre caverneux, rugueux, digne de Howlin' Wolf, tout au long de "Kingdom Come", un titre issu de "Broadside", publié en 2009. Très belle compo, "Writing on the wall" est une cover d’un combo de pub rock anglais, Plummet Airlines. Pas vraiment blues, ce morceau lorgne plutôt vers Van Morrison. Caractérisé par ses accents latins, le jeu de cordes est particulièrement original ; et, en outre, il est remarquable. Les musiciens sont parfaitement soudés. Le guitariste hongrois Ripoff Raskolnikov signe "Temporary", un excellente roots song. Les notes dispensées par Ciggaar sont d’une limpidité incroyable. "Early Grace" est un pur blues inspiré des maîtres originels du Delta. Ian a fixé son bottleneck. La musique est envoûtante, lumineuse, mais également extrêmement dépouillée. Perso, j’estime qu’il s’agit du meilleur moment du concert, tant l’artiste libère de sensibilité. La cover du "Gallo del cielo" de Tom Russell nous entraîne sur les pistes poussiéreuses du Texas. La pedal steel de Dusty réverbère d’évidents accents métalliques, tout au long de ce morceau qui baigne dans la country et le tex mex. Empreinte de douceur, "Queen of the Junior Prom" est une ballade composée par Siegal et Keith Harrison, il y a plus de dix ans. Elle figurait sur son premier LP, "Standing in the morning", un disque paru en 2002 sur le label allemand Taxim. En fin de show, Ian est rejoint par Tees Garthé, dont la voix douce et féminine soutient celle chargée de passion de Siegal, pour interpréter le Love hurts" de Bryant Boudleaux, un titre transformé en hit, il y a bien longtemps, par les Everly Brothers, puis plus tard, par Nazareth. Tees prête encore son timbre frêle sur la finale "Please don't fail me", écrite par Rudy Lentzen, un musicien d'origine indonésienne qui vit aux Pays-Bas. Encore une ballade roots, très inspirée par le blues, caractérisée par de belles parties de cordes. Un excellent concert!

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