Le JC Smith Band est établi au sud de la baie de San Francisco, en Californie. Le chanteur/guitariste, JC Smith, en est le leader. Il avait pourtant entamé sa carrière comme drummer au sein du Back to Back Blues Band. C'est en 2000 que JC, inspiré par T-Bone Walker, Albert King et Johnny Guitar Watson, opte pour une Gibson 335. En 2001, son JC Smith Band tout neuf publie un premier opus, "The Midnight creeper". En 2004, il embraie par "That's what I'm talkin' about", un disque coproduit par la chanteuse Joanna Connor, et pour lequel il reçoit le concours du batteur légendaire chicagoan, Willie Big Eyes Smith. Il faut cependant attendre 2009 pour voir sortir "Defining cool", un elpee bien reçu par la critique.
Pour concocter "Love mechanic", il a bénéficié de la participation de son backing group, soit le claviériste Todd Reid, le bassiste Robert 'Jay' Green et le drummer Donnie Green. Sans oublier une section de quatre cuivres : le tromboniste Gene Reynolds, le trompettiste Tommy Maitland, ainsi que les saxophonistes David Sandez et Abraham Vasquez (NDR : un ex- Back to Back Blues Band).
"Jump for joy" s’ouvre dans le jump et le swing. Le front de cuivres est solide, mais le saxophone ténor de Vasquez s’autorise déjà un billet de sortie, tout comme JC, dont les cordes sont bien vivifiantes. La version du célèbre "Cold sweat" de James Brown est très personnelle. JC malmène à nouveau les cordes de sa Gibson et sa voix est autoritaire tout au long de ce R&B entraînant, dansant et irrésistible ! Les lumières s'éteignent. Le tempo ralentit. Richard Palmer double au piano et à l'orgue sur "Come on home to me", une ballade R&B indolente au cours de laquelle les ivoires s'installent subrepticement à l'avant-plan. JC introduit le titre maître à la manière d'Albert King, un southern R&B coloré par les cuivres. Le leader injecte toute sa sensibilité dans les cordes, alors que Todd se met dans la peau de Booker T à l’orgue. La gratte va et vient tout au long de "Ring around the Tub", un blues rythmé plus classique. Cap vers Chicago pour le "Yonder's wall" d'Elmore James, une version très singulière. Un R&B très funkysant entretenu par les cuivres et dynamisé par la section rythmique en effervescence. Vasquez brille à nouveau au sax. Jeannine O'Neal fait sonner ses cordes comme un banjo sur "Bad bad feeling", une piste sculptée dans le country/roots. Les arrangements de cordes et de claviers ont solides pour baliser "Last night", un superbe blues indolent signé Little Walter. Le JC Smith Band aime reprendre les classiques du Chicago blues, afin de les adapter à sa sauce personnelle. A l’instar du "Talk to me baby" d'Elmore James. Face aux interventions de cuivres, Cris Cain se révèle créatif à la six cordes. "Rocket to the moon" nous replonge dans le jump boogie. Pensez aux années 40 et tout particulièrement à Louis Jordan. Talentueux pianiste, Sid Morris, brille de mille feux. Et on assiste à de nouvelles sorties royales aux cordes, à la trompette ainsi qu’aux saxophones. Encore une cover, mais d’un titre notoire, le "Five long years" d'Eddie Boyd. JC Smith administre un max de feeling et de passion au cœur de ce blues lent authentique et à l'état brut. Tant au chant que sur sa gratte. De toute bonne facture, cet opus s’achève par le dynamique "Ain't no stranger", un titre issue de la plume de Toronzo Cannon, un bluesman du south side de Chicago, de moins de 50 ans. Et cette excellente version est ponctuée par un solo remarquable de Mr Smith!

Nederlands
Français 
