Blinddog Smokin' est un groupe de soul/funk/blues américain qui accorde plus de 200 concerts par an. Constamment sur les routes, il se produit aussi bien dans les festivals que les petits jukejoints et autres roadhouses. Le combo a été fondé en 1994 dans le Wyoming. Il est drivé par le chanteur/harmoniciste Carl Gustafson. Un personnage qui traîne une réputation d’aventurier et de raconteur. Le line up de la formation est à géométrie variable. Seul le drummer, ‘Chicago’ Chuck Gullens, est au poste depuis le début. Quant au bassiste, Roland Pritzker, alias Junior Bacon, il participe à l’aventure depuis pas mal de temps. Parmi les plus réguliers, on épinglera le claviériste Mo Beeks, le guitariste Chalo Ortiz, ainsi que Linda Gustafson et Chris White aux choeurs. Le précédent LP, "Decisions", était paru en 2014 ; il avait reçu le concours du remarquable chanteur de soul Bobby Rush, ainsi que de l'énigmatique Dr John. "High steppin'" constitue donc son 11ème long playing.
Dès les premières mesures, on pénètre dans l’univers du funk. La section rythmique balise le tout alors que le saxophone de Rex Arend participe aux arrangements. "Pimp shoes" célèbre les chaussures ‘flashy’ des musicos. La guitare d'Ortiz se réserve le premier solo en se servant judicieusement de la pédale wah wah. Les voix sont à la fois complexes et soignées. "Bayou lady" me botte davantage. Caractérisé par ses rythmes louisianais, ce morceau est enrichi par l’harmonica de Billy Branch, invité pour la circonstance. Nonobstant ses interventions trafiquées, Chalo se révèle très en verve sur ses cordes ; et surtout créatif. Les arrangements sont impeccables. Les voix superbes ; et l’orgue de Mo Beeks est épatant. Le meilleur morceau de l’elpee. Des accords de piano ouvrent l'étrange et complexe valse lente "Don't put no money on me". La voix est triturée à l'extrême, proche de l'asphyxie. Ivoires, violon et clarinette entretiennent ce climat. Les chœurs répondent à la voix au bord de l’agonie. Prolixe, le violon de Matt Rhody introduit "I caught her lyin'", une plage bluesy imprimée sur un mid tempo que souligne la voix singulière de Gustafson. La voix devient même surannée pour "Tell 'em shuffle", un shuffle excitant, très rythmé, au cours duquel le guitariste louisianais Shane Thériot (NDR : encore un guest !) malmène ses cordes, alors que Billy Branch communique une touche de Chicago blues. Propulsé par l’harmo, "If I died today" est une belle piste mélodieuse ; un blues indolent, dominé par le timbre du leader que tamise des chœurs empreints de charme. Branch démontre une nouvelle fois son talent sur sa musique à bouche, sur fond d'orgue et de piano. Légèrement funk, "Big behind" concède des accents country. A cause de la lap steel que se réserve Tommy Broderick. Un funk bien plus marqué sur "Lady 's playin", un morceau au cours duquel Gustafson rappe devant l'orgue et une section de quatre cuivres. Ortiz en profite pour dispenser une de ses plus belles envolées. Le long playing s’achève par une cover : "Tell 'em". Pas en mode shuffle, mais sous la forme d’un splendide chant gospel, face à l'orgue de Mo Beeks.

Nederlands
Français 
