Après avoir publié deux premiers disques absolument fabuleux, soit un Ep éponyme et l’album « Red, Yellow & Blue », chez Warp, dès 2006, la presse spécialisée qualifiait Born Ruffians de véritable sauveur du rock indie. Pourtant, la formation canadienne n’est jamais parvenue à confirmer tous les espoirs placés en eux, gravant par la suite, deux essais trop inconstants, et tout particulièrement « Birthmark », son dernier, passé presque inaperçu.
Le nouveau rejeton, « RUFF », allait-il être capable de briser cette inéluctable spirale négative ? Et surtout l’empêcher de plonger dans la zone crépusculaire de l’underground ? Première constatation, la voix si particulière de Luke Lalonde continue d’alimenter des mélodies que n’aurait pas reniées Gordon Gano (Violent Femmes). Alors, le cerveau des Torontois serait-il à nouveau en ébullition ? Pas tout à fait, car le contrat n’est qu’à moitié rempli. L’opus est trop inégal. Pas de classiques immédiats tels que « Little Garçon » ou « What To Say », des compos que le combo avait marqué d’une sublime empreinte. Il y a bien l’une ou l’autre pépite de pop spasmodique, à l’instar de l’inaugural « Don’t Live Up » ou du nerveux « & On & On & On ». Et puis quelques plages sculptées dans un pop/rock gracile et lustrées par la voix unique de Luke. Mais il faut aussi se farcir le lourdaud « (East Shit) We Did It » et le très peu inspiré « Shade to Shade ». « RUFF » démontre sans doute que Born Ruffians restera le groupe d’un classique ; un peu comme ses compatriotes de Hot Hot Heat… ce qui n’est déjà pas si mal !

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