L'affriolante chanteuse californienne nous propose son huitième album. Elle aime les plumes. Et le démontre sur la pochette de l’elpee. La guitare aussi. Ce qui explique pourquoi la diva a reçu le concours d’une bien belle brochette de gratteurs. Candice Louise Kane parvient, en outre, a bien mettre sa voix en évidence dans un univers sonore éclectique, au sein duquel styles et d'atmosphères oscillent entre blues, soul, ballades et rock'n'roll!
L’opus s’ouvre par la cover du "My country man" de Big Maybelle. Une version jump qui bénéficie du concours du maître incontesté du style : Mr Junior Watson. Pour la circonstance, il retrouve son ancien compagnon des Mighty Flyers, Bill Stuve. Et sa contrebasse fait mouche. Dave Alvin est venu apporter son concours à "Back to my old friends". Il y a 25 ans qu’elle connaît le natif de Californie ; avant même que notre activiste féminine ne se mette à chanter. Le charismatique leader des Blasters se réserve la steel guitare et rejoint la slide de Bob Margolin. Cette conjugaison de cordes exhale un savant parfum. Miss Kane à la pêche ! Elle poursuit par "When I put the blues on you", un blues rocker très musclé entretenu par les cordes électriques de Margolin et de la frêle rouquine Sue Foley. La pureté de la voix sied à merveille à "I'm not gonna cry today", une douceur manouche au cours de laquelle Jeff Ross se mue délicatement en Django. Et l’exercice est brillant ! Le "Idone gone over it" de Guitar Slim adopte un profil Chicago blues. Sue Foley est de retour. Et Billy Watson à l'harmonica, également. Malgré la présence d’un éventail impressionnant d'invités, la formation de base a quand même son mot à dire. Elle implique Bill Stuve, dont nous avions déjà parlé, son fils Evan Caleb à la batterie et Heine Andersen à la guitare. Candye chante "Goodbye my heart", une ballade soul signée Caleb. Sa voix est convaincante. Cette plage est caractérisée par la présence de son autre fils, Tommy Yearsley II, à l'orgue Hammond. "I'm my own worst enemy (dedicated to my friends and adversaries on the Blues list)" ne me botte pas trop. A cause de son style Tamla Motown entretenues de chœurs spécifiquement féminins. Le swing marque son retour lors du léger et pétillant "Fine brown frame". Kid Ramos s’y réserve les cordes acoustiques. Quelques mois plus tôt, Candye était encore en tournée européenne. Lors de ce périple, elle en avait profité pour s’enfermer dans un studio d'Amsterdam, en compagnie de la mignonne guitariste slave, Ana Popovic, pour y enregistrer "I'm lucky". Le style est très Popovic. Son solo est parfaitement ciselé et subtilement travaillé. Bob Margolin est producteur. Cet ancien membre du Muddy Waters Band a accompli de l’excellente besogne sur cet elpee. Il est parvenu à mêler subtilement les différents styles, alternant le plus souvent les plages électriques et acoustiques. A propos de cordes non amplifiées "Jesus and Mohammed" est un véritable régal. Bob Brozman et Jack Tempchin s’y révèlent de brillants instrumentistes. Ce dernier avait, notamment, bossé pour les Eagles. Avec bonheur ! Quel plaisir de retrouver sa partenaire des premières années ; en l’occurrence la pianiste Sue Palmer. Elle nous réserve son style boogie woogie tout au long de "Club of the foolish hearts". La nostalgie et une pointe de tristesse dans la voix, Kane chante encore le tendre "We're long ago and far away", une plage caressée par les accords empreints de douceur de la basse acoustique de Stuve et traversée par les cordes inspirées de Margolin. Cet excellent album s’achève par "Crazy little thing". Un rock'n'roll trépidant réminiscent des des fifties. Pour la circonstance, un guitariste de poids soutient la charmante Candye : Sir Popa Chuby…

Nederlands
Français 
