Bien qu’originaire du Mississippi, Billy est un musicien blanc. Il a accompli ses premiers pas musicaux au sein d’un lieu mythique du blues : Clarksdale. Il milite alors chez les Midnighters, en compagnie du guitariste Johnnie Billington et du batteur Bobby Little. Il remonte alors quelque peu vers le Nord, sans pour autant quitter les berges du Mississippi, et s’établit à Memphis, dans le Tennessee. Il peut alors se produire dans ce temple ouvert du blues qu'est Beale Street. Il fonde enfin son Billy Gibson Band en compagnie duquel il a déjà commis quelques albums. Et notamment "Billy Gibson" en 1996, paru chez North Magnolia. Depuis, il s’est investi au sein du label local Inside Sounds. Sur lequel il a sorti "The nearness of you" en 2001, "In a Memphis tone" en 2004, "The Billy Gibson Band" en 2005 et "Southern Livin" en 2006. Il a également participé à la confection de différents albums comme invité. Et notamment le "I smell smoke" de Michael Burks, paru sur Alligator en 2003, "Soft place to fall" de Deborah Coleman, sur Blind Pig en 2000 ; mais également pour des artistes locaux. Dont les Junkyardmen et le Daddy Mack Blues Band.
Edité en 2007, “Live at Rum Boogie Café” a été immortalisé live, en décembre 2004, dans l'un des temples du blues de Beale Street" : le ‘Rum Boogie Café’. Le line up du combo est toujours identique. Trois musiciens noirs. C'est-à-dire le guitariste David Bowen et le bassiste James Jackson, deux personnages qui ont milité chez l’Albert King Band et le drummer Cedric Keel. Billy se produit aussi régulièrement au sein des Delta Cats, un duo acoustique qu’il partage avec son guitariste David Bowen. Ce set live a été enregistré dans l'ambiance de ce club torride. Les plages sont suffisamment longues pour permettre aux quatre partenaires de mettre en exergue leur talent. Bill Gibson est un de ces souffleurs de la génération contemporaine qui semble jouir de deux paires de poumons. Mais non seulement son souffle est terriblement puissant, mais son jeu est loin d’être banal. Nous poussons la porte d'entrée du ‘182 Beale Street’, au milieu d'une impressionnante collection de guitares et autres mémorabilias. Commandons un Boogie Blues Buster et un gator gumbo ou un Memphis platter pour les plus gourmands, avant que n'arrivent les musiciens sur la petite scène, au milieu du public. Dès l'ouverture "What is love?" met le feu aux poudres. La section rythmique est redoutable, expérimentée. Mais ne sommes-nous pas à Memphis? Billy est décontracté mais toujours appliqué. Le "Love everybody", de Willie Foster" émarge au funk ; mais un funk audacieux, marqué par les percussions de Cédric. Billy chante d’une bonne voix, assez proche de celles de Kim Wilson voire de Brian Templeton ; mais dès qu'il en a l’opportunité, sa bouche explose pour sortir des notes d'harmonica par flots. Et franchement, son instrument passe un sale quart d'heure! Les effets sonores se multiplient. L’opus jamais ennuyeux. L’artiste est chez lui à Memphis. Et il tire parti au maximum de cette situation. Cedric lance le Bo Diddley beat pour célébrer "Pretty thing", une compo écrite par Willie Dixon pour Bo. Mais ici, c'est l'autre soliste, en l’occurrence le gratteur David qui se met en évidence. "Home at last" marque le retour au funk. Billy manifeste beaucoup de respect pour ses équipiers. Et le démontre en laissant la part belle à James Jackson, un remarquable bassiste. Le concert se poursuit par "Darling please come home". Imprimé sur un tempo modéré, cette compo est signée par Billy. On reconnaît à peine la version marathon (plus de 16’) du fameux "Bad boy" d'Eddie Taylor. David et Cedric répondent en chœur au chant de Billy avant que n'éclate une partie d'harmo orgiaque. Et cette dernière cède finalement le relais à une très longue envolée de Keel aux percussions. C’est bien lui le ‘bad boy’ ! Billy s’attaque encore à "Early in the morning", un blues lent écrit il y a soixante ans par John Lee ‘Sonny Boy’ Williamson I. Il respecte le feeling du créateur mais s’autorise un intermède aussi amusant que pétillant en mode country & western. Le BGB achève son concert par le "Polk salad Annie" de Tony Joe White, un des plus célèbres titres du pays des swamps (NDR : finalement pas tellement éloigné). David Bowen le chante d’un timbre chaleureux et bouleversant, tandis que Billy se réserve ses derniers billets de sortie. Un excellent album live!

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