Le tour de l’Europe en 37 minutes. Point de départ, les Balkans. Les écouteurs sur les oreilles comme seul bagage, on se laisse aller à errer sur des terres inconnues et pourtant si familières. La chaleur de l’accueil des autochtones suffit à réchauffer les cœurs. Et à sécher des larmes inopinées, exacerbées par la froideur de l’atmosphère. 33 minutes. L’Europe centrale, déjà. Non pas cette triste et morne Europe. Une autre, plus insolite, dont les traits sont esquissés par l’imagination d’un jeune prodige. 19 minutes. Retour aux Balkans. L’époustouflante beauté de ces contrées devient presque insupportable. Tant de choses à découvrir en si peu de temps… 8 minutes. La virée touche presque à sa fin. Une torture. Encore quelques photographies mentales avant que tout ne disparaisse. 1 minute. Le souffle coupé, on se prépare pour un atterrissage qui risque de s’avérer brutal. Fin du voyage. Le choc du retour à la réalité est trop douloureux. Les yeux fermés, on appuie à nouveau sur la touche play. Décollage instantané.
Si vous remarquez Beirut/Beyrouth sur une carte de Brooklyn, ne vous inquiétez pas, ce n’est pas un rêve. Zach Condon, petit prodige américain de 20 ans à peine s’offre sur « Gulag Orkestar » un indéniable coup d’éclat (d’état ?). Carte postale universelle, son premier essai très largement inspiré de l’univers de Kusturika et des orchestres balkaniques, s’inscrit comme l’une des plus belles réussites musicales de l’année. Plus qu’un chef d’œuvre, une pure merveille.

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