New Brutalism de 087 à 089…

New Brutalism est un groupe de rock minimaliste formé à Knoxville, Tennessee, en 1998. Le groupe est composé de Shane Elliott (chant), Matt Hall (guitare/chant), David Basford (basse/chant) et Carey Balch (batterie). Son nouvel Ep, « Requiescat Record »,…

logo_musiczine

Bénabar les regarde danser…

Bénabar est de retour et nous propose un nouveau single intitulé « Elles dansent », un titre fondamentalement pop, joyeux et émouvant, qui raconte une histoire de famille ou d’amis dans laquelle chacun pourrait se reconnaître : un moment de joie et de liberté…

Langues

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Nos partenaires

Dernier concert - festival

Hooverphonic
dEUS - 19/03/2026

Mercenary

Écrit par - -

Alias Mac Rebennack, Dr John est aujourd'hui âgé de 65 ans. Ses premières apparitions remontent à la fin des années 50, lorsqu’il évolue comme guitariste et pianiste dans sa bonne ville de New Orleans. Il joue du R&B qu’il a mâtiné de rock, contaminé par la folie du Mardi Gras, tout en injectant une touche personnelle de musique ‘voodoo’. A l’époque, il participe à des enregistrements pour Professor Longhair, Frankie Ford et Joe Tex. En manipulant une arme à feu, il est victime d’un accident qui lui abîme une main. Il décide alors de se concentrer uniquement au piano! En 1968, sa notoriété est acquise. Il vient alors d’enregistrer son premier album "Gris Gris", un disque qui mêle habilement R&B pur et dur, funk coloré, vaudou et psychédélisme. Dans la foulée il commet quelques excellents albums : "The sun, moon & herbs" en 71, en compagnie de Mick Jagger et Eric Clapton, "Gumbo" en 72 et "In the right place" en 73. Aujourd’hui notre bon Docteur est responsable d’une impressionnante discographie.

Son nouvel opus, "Mercenary", est consacré à l'œuvre de Johnny Mercer, un artiste populaire américain qui écrivit pas moins de 1.500 chansons pour lui et bien d'autres. Mercer était né en 1909 à Savannah, en Georgie. Il est décédé en 1976, à Los Angeles. Il écrivait, chantait (notamment dans l'orchestre de Benny Goodman) et assurait la production. Il fut également un des fondateurs du label Reprise. En 1942 ! Il est également un de ceux qui firent la promotion et la gloire de Nat King Cole.

En ouverture, "Blues in the night" est superbe. Cette plage embrasse un schéma purement roots, avant de céder le relais au funky R&B. Un style naturel qui transpire de cette cité magique de la Nouvelle Orléans. Tout y est : la voix nasillarde de Mac, son piano syncopé et les cris de quelques cuivres qui paraphrasent le chant. Herbert Hardinty s’y autorise déjà une escapade sur son saxophone ténor. "You must have been a beautiful baby" marque un retour au format quartet de base. Un petit bijou que John fait sien dans son essence louisianaise, en se limitant aux claviers, la guitare rythmique de John Fohl et la section rythmique (NDR : composée de David Barard à la basse et Herman Ernest III aux dums). De son timbre de fausset, sensiblement las, Dr John drive "Personality", une ballade indolente balayée par la trompette tout aussi somnolente de Charles Miller. Autre ballade, "Hit the road to Dreamland" pourrait servir de bande sonore à une comédie de Broadway ou celle d’un film tourné à Hollywood. La voix naturelle de notre praticien fait sienne cette chanson composée il y a longtemps. John adapte "I'm an old cow hand", un instrumental qu’il interprète avec tout le respect de son éducation néo-orléanaise. L'atmosphère devient cabaret, comme pour souligner les déhanchements voluptueux d'une stripteaseuse d'un bar glauque du carré français. Hardinty susurre dans son saxophone pour dévoiler ce "Dream". John murmure du bout des lèvres, avec une grande douceur, un savoureux "Lazy Bones", une compo que Mercer composa en compagnie de Hoagy Carmichael. Songwriter très prolifique dans le domaine du jazz léger, il était également un vieil et indéfectible ami de Louis Armstrong. Manifestement, Dr John parvient à transposer dans son registre, tout en maintenant le climat musical de sa cité, des chansons d'un autre temps. Et on se surprend même à reprendre, avec ses musiciens, les chœurs de "That old black magic". D’une grande profondeur dans la voix, il chante "Come rain or come shine". Le piano soutient le motif rythmique de ce blues, tandis que les cordes de Fohl, déformées par l'écho, vont et viennent à l'avant-plan. Délicieux! "Moor river" est probablement une des meilleures chansons de cet opus. Un morceau que Mercer cosigna avec Henry Mancini. Le timbre de voix de notre Night Tripper sied parfaitement à cette plage. Autre instrumental qui aurait également pu servir de B.O. pour musique de film, "Tangerine" clôture la part consacrée à l'écriture de Mercer. Dr John se met lui-même dans la peau d’un mercenaire pour concéder son "I ain't no Johnny Mercer". Il respecte cependant parfaitement le fil conducteur de l’opus. Il tape nerveusement et rythmiquement sur son piano tandis qu'il souligne son chant de courtes phrases à l'orgue Hammond. Pour nous saluer, il délivre une tranche épaisse de son R&B gumbo, festif, et largement cuivré, en interprétant "Save the bones for Henry Jones" que Mercer chantait en duo avec Nat King Cole. Notre bon vieux docteur vient de commettre un tout bon album !

 

Informations supplémentaires

  • Band Name: Dr John
  • Genre: Blues/Roots
  • Label Prod: Reprise / Warner Music
  • Date: 2006-07-04
  • Rating: 0
Lu 1064 fois