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Deep cuts

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Quarante ans que Tony Joe White roule sa bosse. Quatre décennies au cours desquelles il a traversé les générations, sans modifier l’esprit de son style musical ; un style louisianais né dans les swamps, entretenu par sa voix chaleureuse et si présente. Baptisé 'Swamp Fox' (NDR : le renard des marais) Tony a écrit des chansons marquantes, dont certaines ont été reprises par des artistes aussi prestigieux qu'Elvis Presley, Ray Charles, Tina Turner et Hank Williams.

Pour ce nouvel opus, il continue à faire équipe en compagnie de son fils Jody. Ce dernier assure la production et la programmation sonore. En fait, le concept de cette œuvre consiste à reprendre quelques unes des meilleures compositions de Tony Joe et de les transposer dans le monde musical contemporain. Une manière pour White de pouvoir s'identifier aux nouvelles générations, et de montrer qu’il est capable de faire progresser ses idées premières. C'est un risque, particulièrement vis-à-vis de ses vieux fans ; mais c'est aussi un pari largement gagné. Il reprend ainsi ses succès de bayou rock et les adapte au style funky qui colle bien au Tennessee où s'est opéré l'enregistrement. Il est cependant parfois difficile de bien reconnaître les versions originales. Tant "Willie and Laura Mae Jones", "Soul Francisco" et "Aspen, Colorado" (extraits du tout premier album, "Black & White", paru en 68), "Roosevelt & Ira Lee" (issu de "Continued", édité en 1969), "High sheriff of Calhoun Parrish" (il figurait sur "Tony Joe", un disque gravé en 1970), "As the crow flies" (publié sur "The train I'm on" en 1972) ou encore "Homemade ice cream" (titre maître de cet elpee, commis en 73). Le disque recèle également trois instrumentaux composés en compagnie de son fils Jody.

TJW engage ses cordes largement amplifiées au sein de ce climat suffocant. Il souffle dans l'harmonica posé sur le rack. La batterie est à l'avant-plan. Jody s'amuse en introduisant des sons programmés. Mais très vite, nous pénétrons dans le premier "Deep cut". "As the crow flies" est introduit délicatement. Progressivement l’atmosphère devient lourde. Le timbre de Tony est toujours aussi torride, envoûtant. Le funk des marais passe bien la rampe. L'ensemble fonctionne suivant ce schéma, tracé dès l'intro. La voix épouse un profil encore plus profond. Elle devient même brûlante. Pourtant, les percussions sont hypnotiques et cherchent à rafler la mise. Mais la ligne mélodique de "Willie and  Laura Mae Jones" tient la distance. La souffrance est bien de ce monde. La guitare ravagée au fuzz box remplit l'écran sonore, tout en laissant l'orgue Hammond de Tyson Rogers participer au décor. Cette fresque a de l'allure. Elle va crescendo jusqu'à son terme. L’introduction des nouveaux instruments s’opère progressivement. Un orgue lointain crache ses dernières cartouches. La guitare est à l'agonie. L’ambiance est on ne peut plus lugubre lorsque les percussions annoncent le vieux hit "Soul Francisco". Il est pratiquement méconnaissable. Il évolue au beau milieu d’une orgie sonore indescriptible ; mais il faut reconnaître la richesse du travail sur les cordes. "Run with the bulls" revient à un format moins dévastateur, moins torturé. L’atmosphère y est même hispanique et relaxante. Un seul morceau échappe au travail de dissection et de contrôle des sons : le calme et intimiste "Aspen Colorado". Une quiétude qui persiste sur "Homemade ice cream", mais en trahissant une touche orientale. Le dernier 'deep cut", "Roosevelt and Ira Lee", est un parfait résumé de cet opus. L’atmosphère est humide et presque irrespirable. Nous traversons les marais louisianais, refuge des terribles alligators dont le cuir vert illustre la pochette et le disque lui-même, comme une estampe d'appellation contrôlée.

 

Informations supplémentaires

  • Band Name: Tony Joe White
  • Genre: Blues/Roots
  • Label Prod: Swamp / Munich
  • Date: 2008-07-08
  • Rating: 3
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