« Images Of Sigrid » constitue le deuxième album des Parisiens de Poni Hoax. Oui, aussi étonnant que cela puisse paraître, sous l’excellent accent et le parfum résolument américain, le combo débarque de Barbes, plutôt paradis du rap que de l’indie. Sous les coups de butoir de la rythmique qui s’emballe au fur et à mesure, les 5 gaillards fréquentent des sons aussi familiers que difficiles d’approche. Traduisez : il en faut plus à Poni Hoax pour se laisser piéger par les styles établis. D’ailleurs chez cette formation, les touches rock/electro/cold wave voire même disco ont la vie dure ; en outre, il serait ardu de leur attribuer un style bien précis. Cette envie de détourner des ambiances agréables en scènes percutantes dérange. C’est indéniablement le fer de lance du groupe. Assis sur la tombe de Ian Curtis, Nicolas Ker dégaine son stylo pour écrire les textes. Même que le chanteur s’est sans doute fait un shoot avec l’âme qui se dégageait de la sépulture. Noires comme la new-wave, explosives comme le disco, puissantes comme le rock, les 13 plages de cet opus se consomment en 72 minutes. Elles ne cessent de percuter tout en parvenant à nous enflammer jusqu’à nous immoler à l’aide de notre propre conformisme. Vu son éclectisme, l’opus peut revendiquer une intemporalité. L’association improbable de tous ces genres ne crée pas un capharnaüm auditif, il retrace juste des anciens plans, pour les mettre au goût du jour. « Images Of Sigrid » est un très bon album, même si plusieurs écoutes sont nécessaires pour le décoder. Recommandé donc aux mélomanes à l’esprit curieux et patient.

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