N'en déplaise aux musiciens de Ghiribizzi, que toute étiquette semble indisposer, 'Pan'ta Rhei' est bel et bien un album néo-prog de facture très classique. Mais n'allons pas trop vite vers la conclusion désabusée ‘Un de plus !’. Car ce premier essai révèle une association de talents prometteuse. A part 'Remember Paris', plutôt mièvre et assez convenue, toutes les compositions, de la plus courte ('bitter end', 3'23) à la plus ambitieuse ('Asian Love',14'15) tiennent parfaitement la route et accrochent dès la première écoute. A l'écriture très fluide de Franck Centauri, puisant sa sophistication dans les breaks et les digressions plutôt que dans les développements complexes, chaque intervenant apporte une appréciable valeur ajoutée. Les deux claviers plantent les climats et tissent leurs mélodies dans une belle complicité. Les draperies des synthés et les sentiers tracés par le piano se complètent à merveille. La guitare, grasse et grondante à souhait en rythmique, décoche quelques interventions marquantes en solitaire. La rythmique est aussi à l'aise dans la légèreté que dans la cavalcade. La voix et le chant, dans un registre Fish/Gabriel appuyé, rappellent parfois aussi Roger Chapman (Family). Le groupe varie habilement climats, sonorités, tempos et genres. Séquences exotiques, jazzy, rétro voire folkloriques côtoient metal, emphase et symphonisme. Et la sauce prend bien, la technique n'éclipsant jamais mélodie et émotion. Sans bouleverser notre paysage musical, nos Anversois, c'est palpable, ont mouillé leur chemise pour nous offrir un très bon moment. A l'instar de toutes les sorties prog indigènes récentes, cet album est de plus très bien produit et emballé. Taisons donc ses rares défauts de jeunesse et accueillons-le avec l'enthousiasme qu'il mérite.

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