Dès l’ouverture de « The beautiful lie », une certitude se dessine : Ed Harcourt est de retour, au meilleur de sa forme. Voix de tête maîtrisée, refrain au charme envoûtant, « Whirlwind in D minor » est un véritable petit bijou pop. En commençant sur de tels chapeaux de roues, on peut craindre la suite, mais c’est sans compter sur son talent à surprendre, son don pour varier les plaisirs. Après la légère déception du single plus classique et (donc) moins séduisant (« Visit from the dead dog »), « You only call me when you’re drunk » charme par son spleen qu’une trompette accentue et sombre à la fin dans une folie bouillonnante avant d’exploser pour de bon. Multipliant les titres intimistes où il se retrouve seul à la guitare (« The last cigarette ») ou au piano pour des complaintes nocturnes (« Late night partner », « Good friends are hard to find »), son chant se révèle plus habité que jamais.
Acrobate de haute voltige vocale (« I am the drug »), troubadour des temps modernes (« Pristine Claw ») ou encore étrange visiteur de fête foraine (« Scatterbraine »), Ed Harcourt sait aussi s’entourer : BJ Cole à la pedal steel et Graham Coxon à la guitare viennent chacun se défouler le temps d’un morceau tandis que les frères et sœurs Stodart et Gannon (alias The Magic Numbers) forment une petite chorale de choc pour « Revolution in my heart ». Quant à Gita Harcourt, déjà présente au violon sur quelques titres, elle donne la réplique à son mari sur le très planant « Braille ».
Ed Harcourt vient de réussir un album à la hauteur des excellents « Here Be Monsters » et « From Every Sphere » et signe du même coup l’un des disques britanniques de l’année.

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