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Los Fabulocos

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Los Fabulocos sont des Chicanos. Des Mexicains établis du côté de Los Angeles. Ils chantent tantôt en anglais ou en espagnol. Leur Cali-Mex n’est franchement pas tellement éloigné du tex-mex. Faut dire que le Texas n’est pas loin de la frontière mexicaine. A la base, Los Fabulocos est un trio. Une formation drivée par le chanteur/accordéoniste Jesus Cuevas. Mike Molina siège derrière la batterie et James Barrios se réserve la basse. Pour concocter leur premier opus, le combo nous a réservé une surprise de taille. Il a reçu la collaboration du guitariste notoire Kid Ramos. Et le groupe est tellement ravi de sa participation, qu’il n’a pas hésité à mentionner sur la pochette ‘Featuring Kid Ramos’. Jesus et Mile ont milité chez les Blazers, un latino roots rock band originaire de l'est de L.A. Mais le timbre de Jesus ainsi que l'ambiance joyeuse et festive qui règne tout au long de l’opus évoquent immédiatement d'autres Chicanos issus de L.A. Tout d’abord le Los Lobos des débuts ; mais aussi les Texas Tornados et Doug Sahm.

L'entrée en matière ne manque pas de punch. Une compo issue de la plume de Huey Piano Smith. En l’occurrence "Educated fool". Elle évoque la musique zydeco issue de Louisiane. Richard ‘El Paton’ Innes (NDR : oui, oui celui du Hollywood Fats Band) assure le tempo. Un véritable maître des percussions. Il a participé à l’enregistrement de la moitié des titres. Kid Ramos essaime déjà des phrases flamboyantes sur ses cordes. Jesus chante son "If you know". L’expression sonore est largement inspirée du folklore mexicain. A cause des interventions à l’accordéon. Mais Ramos la personnalise par ses échanges. Excellent blues, "Crazy blues" est imprimé sur un tempo lent. Réminiscente d’Eddie King, cette compo macère dans les swamps louisianais. Un morceau composé par les frères Dorsey et Johnny Burnette. Ramos en profite pour explorer les chemins qu’il apprécie le plus. Les accents de sa gratte sont reverb. L'accordéon entretient ce climat relaxant. Une recette reproduite sur "Just because". Un morceau concocté par Lloyd Price. En 1958. Le Kid injecte une fameuse dose d’écho dans ses cordes. "Lonesome tears in my eyes" opère un changement de style. Plus latino. Voire ibérique. Kid Ramos se charge des vocaux. On a parfois l’impression de revivre un épisode de la vie d’Elvis Presley, à Hawaii. Il se réserve également la guitare. Acoustique. Dont les sonorités sentent bon le soleil de l’Espagne. Et vibrent face aux percussions des invités, Ron Felton et Eddie Baytos. L'ambiance allègre très caractéristique du Mexique est susceptible de nous rattraper à tout instant. Même au détour du chemin. L'accordéon en bandoulière, Jesus chante le "Un mojado sin licencia" de Santiago Jimenez, la finale "Mexico Americano", mais aussi "Como un perro", une douce ballade à la mélodie bien affûtée. Et cet elpee recèle d’autres bons moments. A l’instar de "Day after day", un chicano boogie bien nerveux, emporté par l'accordéon et les cordes déjantées. On a cependant droit à deux interventions musclées dans le répertoire zydeco. Tout d’abord le "You ain't nothing but fine" de Rockin' Sidney et ses Dopsies. Cuevas y est intenable au piano à bretelles. Et puis le "All night long" de Clifton Chenier. Tout au long de ce zydeco blues participatif, on assiste, sans doute, aux plus beaux échanges de cet album ; le tout ponctué par les chœurs. ‘All night long’ est ainsi répété inlassablement pour soutenir la voix de Jesus. Et sur "You keep drinkin'", Jesus réussit sans la moindre difficulté à faire rocker son accordéon. "Burnin' the chicken" est une plage instrumentale signée Dave ‘Kid’ Ramos. Une tranche de cali-mex surf très métallique. Un excellent premier opus pour ces Chicanos !

 

Informations supplémentaires

  • Band Name: Los Fabulocos
  • Genre: Blues/Roots
  • Label Prod: Delta Groove / Coast to Coast
  • Date: 2008-08-26
  • Rating: 3
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