Se taper un album de The Capstan Shafts n’est pas une sinécure. Tout d’abord, lequel choisir ? C’est que le songwriter Dean Well, est plus que productif dans les compositions et les sorties d’albums. Depuis 9 ans, le petit bonhomme est à la tête de 10 epees et 7 elpees, rien que ça. Signé chez Rainbow Quartz (The High Dials, Mellowmen, Deleted Waveform Gatherings,…), ce « Fixation Protocols » est donc la énième pierre à son édifice.
La deuxième difficulté pour se farcir l’écoute d’un disque de The Capstan Shafts, prodède de la longueur des morceaux. Chaque album possède en moyenne, une vingtaine de plages, allant des 50 secondes à la minute 30, voire deux minutes maximum. Mais phénomène extraordinaire, le sens mélodique y est préservé. Il est même excellent. Pourtant, et c’est une énigme, ces mélodies sont systématiquement sabordées. Brutalement aussi. Ce qui provoque très rapidement une sensation de manque. Il n’est d’ailleurs pas rare de se dire ‘…non ! ça ne peut pas finir comme ça…’ Malheureusement, il faudra l’accepter, et essayer de l’apprécier. Ce qui reste à mon avis, le plus complexe. Difficile d’emboîter le rythme juste au moment où il cesse. Il y a donc une cruauté dans le chef de Wells à déballer sur son étal, tel un marchand, toute la marchandise ; et de la remballer dès que l’intérêt du public s’y accroche. Cette particularité apporte un cachet étonnant, certes, mais peut nous pousser vers une frustration certaine. C’est que « Fixation Protocol » a de quoi donner envie. Des compos pop/rock aériennes, osées, qui tranchent dès les premiers accords, suivies de quelques minuscules ballades qui viennent de temps à autre les apaiser.
« Fixation Protocols » ne vous flanquera pas la grosse claque susceptible de faire siffler les oreilles, mais alignera plutôt une avalanche de petites claquettes qui vous empêcheront de baisser la tête un seul instant. Beaucoup de patience et une volonté de décoder seront les atouts indispensables pour une écoute saine et pertinente.

Nederlands
Français 
