On vit parfois des moments étonnants. Ces instants où bouche bée, on se surprend à ne plus pouvoir dire grand-chose. Ils sont rares et méritent d’être épinglés. Chez Bowerbirds, on se retrouve vite l’avaloire asséché, à gober les mouches. « Hymns for a Dark Horse » est un bijou ; et la chronique pourrait s’arrêter là. Par respect pour le bien être interne qu’il procure, ravalons un peu de salive, rassemblons nos esprits, et essayons d’expliquer la raison.
Signé chez Dead Oceans (Bishop Allen, Evangelicals, Phosphorescent,…), le premier elpee de ce trio américain est une pure réussite. Le nier serait un manque flagrant de bon sens. Telle une Dream Team qui aurait trouvé ses marques dès la première minute de jeu, Phil Moore, Beth Tacular et Mark Paulson posent leurs voix et leurs accords au cœur d’une symbiose à la limite du génie. Approchant un univers pop/folk, ils évitent les clichés, en parsemant la galette de somptueuses associations entre violon, tambourin, guitare ou accordéon. Toujours justes et puissants, les 12 morceaux de « Hymns for a Dark Horse » arborent ce délicat pelage qui invite à la caresse. Et invitent à se calfeutrer pour se sentir proche et en osmose. On entre alors en communion avec la nature et les éléments. On est ainsi à deux pas de l’univers des Shins, Radical Face ou Beirut. On est dans le sublime, où le surplus ne gave pas. Où les mélodies naissent du fond de nos âmes pour les laisser s’exhaler au rythme d’un battement de cœur. Bowerbirds ne peut revendiquer un qualificatif quelconque. Il est l’essence même du qualitatif. Il est estampillé de la marque des grands. Foncez acheter cet album, vous vous retrouvez certainement dans le même état ahuri que votre serviteur. Ainsi, il se sentira moins seul à avoir l’air idiot.

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