Vampire Weekend, No Age et HEALTH n’auront pas eu le temps de poser les armes que la relève semble d’ores et déjà assurée. Premier émule : Abe Vigoda. Originaire de L.A., le quatuor présente un troisième ouvrage constituant un amalgame tortueux du son des trois formations précitées. « Skeleton », gigantesque et curieux bordel organisé, fait la part belle aux expérimentations tout en distillant une dose bien tassée d’art punk. Et il demeure crédible ! Abe Vigoda débute pourtant la visite guidée de leur nouvelle demeure par des « Dead City / Waste Wilderness », « Bear Face » et « Lantern Light » trop familiers pour être honnêtes. Puis, l’interlude « Whatever Forever » donne le signal de départ d’une seconde partie explosive. Une épaisse fumée psychoanaleptique envahit l’ensemble des pièces, les grosses caisses sont maltraitées à tous les étages, les squelettes dansent dans les placards et les incantations de Juan Velazquez transpercent instantanément les murs.
Parmi les fantômes présents, outre ceux des trois formations susmentionnées, on repère les spectres de Panda Bear, The Smell, Dirty Projectors et Os Mutantes. Que l’on saute d’étage en étage de manière aléatoire ou que l’on visite la demeure en profondeur, la structure de « Skeleton » reste d’une cohérence en béton armé. La scène que les critiques américains surnomment le ‘Tropical Punk’ vient de se dénicher un nouveau chef de file.

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