BB King est une des dernières légendes vivantes du blues. Né à Memphis, il vient de fêter ses 83 ans ; mais il a toujours bon pied bon œil. Dans son style, il constitue une valeur sûre. Pas pour rien qu’il relève d’un label major. En l’occurrence Geffen. Cette écurie avait déjà édité cette année, un ‘live’ intitulé "BB King Live". En février. Et une collection de 3 compact discs : "Playlist Plus". En avril.
Pour enregistrer « One kind favor », il a pu bénéficier des infrastructures très performantes des studios Village Recorder, à Los Angeles. En outre, la production a été confiée à T Bone Burnett. L’elpee est découpé en douze reprises. Faut dire que l'artiste ne compose plus guère. Il a reçu, en outre, la participation de musiciens talentueux, dont quelques grosses pointures. Et notamment Dr John aux claviers et Johnny Lee Schell à la deuxième guitare, un personnage qui a notamment bossé auprès de Taj Mahal, Bonnie Raitt et du Phantom Blues Band.
BB King ouvre l’opus par le "See that my grave is kept clean" de Blind Lemon Jefferson. Un blues notoire datant de l'avant-guerre. Sa lecture est très funky, percussive. Les drums de Jim Keltner et les percus de Jay Bellerose sont bien mis en avant. La ligne de basse dessinée par Nathan East est minimaliste. L'orgue de Dr John s’insinue parfaitement dans l’ensemble. La voix du vieil artiste s'inscrit judicieusement dans l’ensemble. "I get so weary" campe un pur BB King big band sound. Son chant est puissant et passionné. L'impressionnante section de cuivres est orchestrée par Darell Leonard. Elle force le passage pour ne laisser l'ouverture qu'à Lucille qui avance avec grâce et agilité. Dès l’intro de "Get these blues off me", on baigne au sein d’une ambiance enfumée. Celle des cabarets en fin de soirée. Quelques notes magiques précèdent son vocal très vivace. La complicité entre son timbre et les ivoires du Dr John est un ravissement. BB possède désormais moins de technique. Il ne dispense que les notes nécessaires dont chacune s'avère indispensable ; mais elles débordent de feeling. King se rapproche de Chicago pour aborder le "How many more years" de Howlin' Wolf ; mais l'orchestration cuivrée trahit un son Memphis blues chargé de swing. Lucille virevolte au beau milieu des autres instruments qui manifestent une cohésion parfaite. Le "Waiting for your call" de T-Bone Walker nous replonge dans cette ambiance feutrée des bars de nuit. Empreinte d’émotion, la voix se détache de l'ensemble. BB a toujours été un fervent admirateur du guitariste Lonnie Johnson, un des plus grands innovateurs en matière de blues et de jazz moderne. Il reprend ici trois de ses titres : "My love is down", le notoire "Backwater blues", un blues lent de plus de 7', au cours duquel il manifeste beaucoup de réserve et de passion, et enfin, "Tomorrow night", une plage relax et mélodieuse qui achève cet opus. King a également le bon goût de reprendre deux titres signés par les Mississippi Sheiks, un groupe populaire au cours des années trente : "The world gone wrong" et "Sitting on top of the world", leur principal succès. L’elpee recèle encore le "Blues before sunrise" de John Lee Hooker et un swing frétillant intitulé "Midnight blues". Un des meilleurs morceaux de la plaque. Très homogène cet elpee constitue manifestement une des meilleures œuvres contemporaines de BB King. Sa voix est irréprochable et Lucille nous salue à chacune de ses sorties. Enfin, pour que votre info soit complète, sachez que la production a été confiée à T Bone Burnett.

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