Quelque part entre le "Love Boat" de la croisière s’amuse et la BO du dernier James Bond, Michael Bublé signe "It’s Time", un disque au service du capitaine Stobin et de sa majesté, la reine d’Angleterre. Mais nous ne pouvons évoquer Bublé sans faire allusion à ce sacré Sinatra. Vous souvenez-vous de Frank Sinatra ? Un homme de spectacle, une haine prohibée pour le rock, une fille chaussée de bottes faites pour marcher, Sinatra fut rapidement surnommé "The Voice". Il devint une légende vivante, symbole de la mythique figure du crooner. Et puis ? Et puis, il est mort, laissant derrière lui des millions d’adolescentes, de mères au foyer et de petits chiens consternés. En deuil de leur première pop star, cette génération se remet difficilement de la perte de cet être chéri. Animé d’une âme de philanthrope, Michael Bublé a pris conscience de l’énorme souffrance des fans de l’idole des années 40. Alors, d’une diction parfaite, il chante l’amour, singe les inflexions et les poses du crooner et sort un disque. Et ? Et ça marche… Plus de quatre millions d’exemplaires de son dernier album se sont déjà écoulés. Pourtant, ce succès n’est pas du goût de tous les admirateurs du grand Frank qui voient en Bublé le nouveau faussaire de l’héritage du maître. Mais Bublé s’en tape. Lui, tant qu’il peut se faire photographier pour un magazine de mode au volant d’une Ford ‘Model T’ estampillée 1944, il s’en tape. D’ailleurs, pour Michael l’essentiel n’est pas la chanson mais la reprise ("Feeling Good", "Can’t Buy Me Love", "You and I" et le reste du disque…). Le plus difficile n’est pas de trouver la posture charismatique du chanteur des théâtres de Broadway mais de dénicher la cravate assortie à son costume de scène. "It’s Time" et Bublé s’en tape. Du moment qu’il plaît aux ménagères nostalgiques de l’amusante croisière et aux cinéphiles en costard, amateurs de cascades calculées au volant de la dernière BMW, Bublé, il s’en tape.