Auteur d’un premier album fort intéressant en 2003 (« Converted themes »), Black Lipstick nous revient avec un nouvel opus. Toujours aussi hantée par le Velvet Underground, leur musique semble aujourd’hui avoir été infectée par les Stones, le Clean et Pavement. Les Stones circa « Exile on main street », à cause de la sonorité un peu crade, produite par les guitares tour à tour, écorchées, sales, malsaines et tumultueuses. Clean ensuite. Parce que les mélodies tendres mais énigmatiques, spontanées et vibrantes, épanchent une mélancolie stimulante. Pavement enfin. Quand l’apparente anarchie se mue en véritable tourbillon hypnotique. Ajoutez y le timbre vocal lymphatique, monocorde, un peu limite de Philip Neimeyer (parfois soutenu par le backing vocal féminin de la drummeuse, Elisabeth Notthingham), dont le timbre peut rappeler Tom Verlaine voire David Byrne, et vous aurez une petite idée du climat sonore développé tout au long de cet elpee. Une belle affaire revivaliste, donc… Ben non, puisque comme je l’avais souligné sur le précédent elpee, B.L. possède l'art de mettre en valeur le détail sophistiqué qui le rend à la fois si attachant et contemporain. Et je n’ai pas changé d’avis.