Si, comme moi, vous avez perdu de vue Al Di Meola au lendemain de l’une de ses productions jazz-rock/fusion haut de gamme des seventies, vous allez être surpris, car cet opus trempe dans la pop FM inondée par le soleil du Sud. Mais aussi par ses rythmes et clichés. La composante hispanisante est telle que, par moments, on a vraiment l'impression d'écouter les Gypsy Kings ou un de ses cousins. Ainsi après 'Cuba Africa', première plage en forme de ballade sereine parcourue de guitare espagnole agile, 'Cosmopolitan Life' baigne en pleine samba de carnaval. Et tout l'album défile entre chansons de charme, brûlots latinos arrosés de trompette et de tabasco et plages plus jazz, comme 'Price to learn', évoquant Sting. Autre surprise: tout a été composé par Léonid Agutin, l'une des plus grosses rock stars… russes. Lequel chante (en anglais) avec une belle voix un peu éraillée. Certes, on a bien droit à des parties de guitares (acoustique et électrique) très talentueuses. Mais elles restent coincées entre deux séquences chantées, sans grands espaces, ou en arrière-plan. Evidemment, si on aborde cet album sans à priori, quelques titres s'avèrent attachants. C'est le cas, outre le premier, de 'If I'll get a chance', par exemple. Bref, en quête de succès commercial, ce duo brillant marche un peu (trop ?) sur les traces de Carlos Santana…