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Dirty Words

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L’année dernière, la presse spécialisée recherchait vainement ses nouveaux Franz Ferdinand. Aujourd’hui, le dernier passe-temps préféré des magnats de la critique rock suppose de pourchasser toute décalcomanie d’Interpol et ce, jusqu’aux portes du local de répétition. But de la poursuite : une croix dûment libellée dans le coin inférieur droit d’un bout de contrat. Au terme de cette traque aux billets verts: un disque, quelques dates de concerts et une ‘nouvelle vague’ d’articles incendiaires sur l’énième révélation post-punk de l’année. Alors voilà, c’est dans cette jungle marketée à en crever qu’apparaissent les cinq dandys de The Departure. Evidemment, tous les doutes sont permis quand à l’honnêteté du projet : moins d’un an d’existence et déjà une signature chez Parlophone. C’est sûr, ce genre d’idylle en ferait rêver plus d’un… Mais ne remettons pas en doute la loyauté et la clairvoyance du label britannique. Ces gens ont souvent fait preuve de bon goût. Pour la circonstance, le catalogue s’enrichit d’une jeune formation (23 ans de moyenne d’âge) noyée de références revivalistes. The Departure épingle d’entrée de jeu ces disques cultes au portillon : « War » de U2, « Meat Is Murder » des Smiths et « Violator » de Depeche Mode. Dans ces conditions, comment ne pas être étiqueté eighties ? Peu importe, la formation persiste et signe « Dirty Words », album consensuel mais sans fausse note perceptible. « All Mapped Out », le premier simple, laissait augurer du meilleur. A l’arrivée, The Departure évite le pire, esquive les traquenards de l’industrie du disque et tout en réverbération, glisse un disque méritoire, véritable instantané de l’époque. Les côtés les plus dérangeants du répertoire des pensionnaires de Northampton renvoient directement à ceux des jeunots de The Killers (« Just Like TV ») ou aux lustres vieillots de Human League (« Arms Around Me »). Le reste de l’album négocie un tournant contemporain en compagnie de Bloc Party (« Don’t Came Any Closer ») ou des inévitables Interpol (« Only Human »). Les vocalises de David Jones apparaissent indéniablement comme celles du clone de Paul Banks, lui-même clone de Ian Curtis, lui-même décédé. Preuve ultime des dangers du clonage ?

Informations supplémentaires

  • Band Name: The Departure
  • Genre: Pop/Rock
  • Label Prod: Parlophone / EMI
  • Date: 2005-12-31
  • Rating: 0
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