Rosco Gordon est né en avril 1928. A Memphis, dans le Tennessee. Au début des années 50, il enregistre pour les labels Chess, Sun, RPM et Duke, notamment au sein des studios de Sam Phillips. "Bootin" constitue son premier 45 tours. Il décroche ensuite quelques hits, dont un certain "No more doggin". Inspiré par un riff de Jimmy McCracklin, il compose "Just a little bit". En 1960. Une chanson qui deviendra un énorme hit dans l’univers du R&B! Surprise, il quitte alors le monde musical pour s'installer à New York en compagnie de son épouse. Elle décède cependant en 1984. Il décide alors d’en revenir à ses premières amours. Mais sans grand succès. En 2000, il commet alors l'album "Memphis, Tennessee" chez Stony Plain. Un disque pour lequel il reçoit le concours de Duke Robillard et de ses musiciens. Mais Rosco ne jouit plus d’une bonne santé. Soufrant de diabète, d'insuffisance cardiaque et d'une hernie discale, il est retrouvé mort à son domicile de Queen's à New York. Le 11 juillet 2002 !
Cet elpee réunit les dernières séances d'enregistrement de Rosco peu de temps avant sa disparition. Certaines prises ont été immortalisées dans son studio du Queens. Les autres à Nashville, en compagnie de jeunes musiciens. Le titre maître ouvre l’opus. Il s’agit de sa toute dernière composition. Rosco est derrière son piano. Il chante d'une voix chaude. Le saxophone de Jeff Coffin et la guitare de Joe Pisapia sont bien mis en relief. "Cheese & crackers" est du pur Gordon. Du bon vieux R&B. Le piano est manœuvré à la dure et le honky sax hurle. La bonne humeur règne tout au long d’"Early in the morning", un fragment qui ne manque pas d’entrain. "A night in Rio" nous ramène dans les rythmes exotiques. Du calypso comme il adorait à ses débuts. A l'époque, il était très apprécié en Jamaïque où il est d’ailleurs toujours considéré comme le parrain de la musique ska. Rosco chante "Girl in my world" et "You don't care about nothing" d'une voix frêle et peu assurée, des ballades légères habillées d’arrangements de cordes. Dans le même registre, "I am the one" est bien plus exaltant. Rosco est cependant au sommet de son art sur des thèmes R&B. Et notamment quand il peut martyriser nerveusement son piano. A l’instar de "That's what you do to me". Composition particulièrement émouvante, "You look bad when you're naked" a été enregistré dans son appartement. Il y est seul en jouant sur son piano désaccordé. Toujours en solitaire, il interprète "Love on top of love" et "Takes a lot of loving", deux superbes blues lents chargé d'émotion et de sensibilité. Le même feeling naturel hante également "Are you mine?" et "When my baby come home", des plages enrichies d’orchestrations. Si cette œuvre n’est pas la meilleure de l’artiste, elle constitue manifestement une tranche d'histoire!