Dire que ce nouvel album du Priest est l’une des rondelles métalliques des plus attendues de 2005 relève du pur euphémisme. Quinze ans après la sortie du brutal « Painkiller », le monstre du heavy british revient plus fort que jamais, sous sa formation originale. Le grand ordonnateur Rob Halford est de retour, après quelques essais plus ou moins fructueux en compagnie de Fight, Two, et Halford. Le résultat est évident. La nouvelle œuvre confirme que jamais Tipton, Downing et Halford n’ont été meilleurs que lorsqu’ils bossent ensemble.
Même si « Angel of Retribution » révèle quelques fautes de goût, et s’il n’atteint pas la force d’un « British Steel » ou d’un « Defender of the Faith », il pourra trôner sans honte auprès des classiques du combo au lourd palmarès. Un titre énorme ouvre les hostilités : « Judas Rising ». Martelé par la double grosse-caisse de Travis, il entrera bien vite dans le patrimoine des incontournables du quintette de Birmingham. Taillé pour les salles de concerts, « Deal With the Devil » accélère la cadence. Halford n’a rien perdu de son timbre de voix très agressif et les riffs de guitares s’enchaînent sans défaillir. De loin le titre le moins marquant de l’album, « Revolution » est pourtant le premier single qui en est extrait. Son approche moderne et son refrain ‘bateau’ ne colle vraiment pas à l’image du Priest. Dans un registre inhabituel, et mid-tempo, « Worth Fighting For » laisse à Rob l’occasion d’utiliser sa voix naturelle, comme à l’époque de « Sad Wings of Destiny » ou de « Sin after Sin ». Une agréable pause avant les deux tornades qui s’enchaînent : « Demonizer » et « Wheels of Fire ». Deux fragments qui évoluent dans un style de composition auquel le combo nous avait habitués à la sortie de « Painkiller ». Plus qu’anecdotique, la ballade « Angel » nous invite à passer à la plage suivante. « Hellrider » et son riff particulièrement efficace nous invitent à un sauvage headbanging, la guitare en carton en bandoulière ! Si « Angel of Retribution » constitue probablement l’œuvre la plus ambitieuse jamais entreprise par la machine Judas, la grosse surprise procède de la présence d’une plage avoisinant les 14 minutes au final époustouflant : « Lochness ». Un riff sabbathien, un refrain sublime, des solos émouvants. Ce titre est à ranger auprès du classique des classiques « Beyond the Realms of Death ». Le prêtre est de retour ! La tournée qu’ils accompliront en compagnie des Scorpions et de Paradise Lost confirmera l’état de santé de l’institution anglaise plus de trente ans après sa formation.