Chaque été, le cinéma américain nous offre son lot de gentils petits films d’épouvante… Le fantôme d’une fillette ère entre les murs d’une vieille maison coloniale délabrée, perdue au milieu des bois de la Nouvelle Angleterre. Chuchotements, vieilles poupées en porcelaine et dentelles jaunies par le temps sont bien souvent les seuls indices dont dispose le héros du récit appelé à résoudre l’énigme ; une énigme qui l’entraînera également au milieu des bois encore verts ; mais dont les feuilles mortes sont déjà balayées par un vent de début d’automne. A moins que la réponse ne se trouve dans une de ces chambres aux fenêtres continuellement ouvertes et dont les rideaux, rongés par les mites, flottent au gré des bourrasques… C’est cette ambiance, vaguement glauque mais fleurant bon la végétation et l’été indien, qui émane de ce troisième opus de Jennifer Gentle. Fondé en 2000, récemment signé par Sub Pop, le duo italien nous offre, par l’entremise de « Valende », un joli petit cadeau de fin d’année… Constitué de plages pop bucoliques et spectrales, cet opus donne un aperçu de ce que pourrait produire la rencontre improbable entre les Beatles et le cavalier sans tête de Sleepy Hollow. Hormis « I do dream you », titre dingo aux influences garage 60’s, et « Hessesopoa », délire bruitiste hautement dispensable, tout le reste de l’oeuvrette nous convie ainsi à un apaisant banquet mortuaire célébré au milieu des saules pleureurs ; paradoxe absolu d’un disque au pouvoir d’attraction presque dérangeant…